Les ECHOS du CIREF

16 mai 2019

POUR UNE HEURISTIQUE DE LA DECONSTRUCTION - MAÂT GREGOIRE BIYOGO - ICAD (GABON) - IMHOTEP (FRANCE) - PARTIE 1

  

  - Trois manières de résister au silence et à l'indifférence au sujet de l'examen du problème de l'esclavage, des deux Traites des Noirs et de la nécessaire réparation qui s'y attache.

  Réfléchir sous le signe de la résistance, c'est inviter à recommencer radicalement à disserter sur ces sujets anciens, vieux de plusieurs centenaires, mais souvent présentés depuis, avec les mêmes lacunes, les mêmes insuffisances, les mêmes obstructions, le même cynisme, le même négationnisme, le même révisionnisme. L'acte de résistance auquel invite ce texte se donne alors comme moment dynamique visant à réfuter les faiblesses et les dévoiements élémentaires de toute recherche encore inhibée, gênée, voire hésitante, plus empirique que formelle, avalisant les simplifications les plus grotesques, les amalgames, les confusions souvent calculées autour d'une question aussi décisive que l'Esclavage et les deux Traites des Noirs transsaharienne et transaltantique, lesquelles révèlent soudain la manière petitement barbare des Actes humains à l'encontre des hommes eux-mêmes, dans des Etats tenus pour civils, démocratiques et planétarisés... C'est aussi inviter à reformuler les définitions, à redéfinir les principales questions qui en commandent l'économie générale autant que la compréhension préliminaire, car l'on peut indéfiniment falsifier la vérité en la soumettant au régime des affirmations erronées, indémontrables, avec des raccourcis impérieux. Dès lors on engage une recherche jurant avec des limites inacceptables, se maintenant toutefois par la force, il importe alors d'y résister, pour son déficit de documentation attestée, d'historiographie critique, de connaissances attestées, et plus encore pour sa pathétique méprise méthodologique.

 En tant que les Traites comportent des monstruosités (crimes odieux commis pendant plusieurs siècles, déportation dans des camps de concentration nazis, programme d'extermination) il s'agit d'un évènement extrême, ne tolérant aucune concession heuristique, aucune falsification, mais un corps à corps permanent avec les faits, avec l'analyse critique, l'état de la recherche afin d'orchestrer un nouveau démantèlement des outrages de la Raison, à la manière de l'Ecole de Francfort. L'Heuristique des Traites est autant inconsolable qu'irrémissible, tant les contre-vérités et les superstitions des Traites appelle à une interrogation incessante, d'interminables corrections, d'incessantes rectifications, d'interminables réévaluations.

 En effet, au sujet de l'événement de l' esclavage et de ses deux Traites négriéres, il est nécessaire et impératif, aujourd'hui que les savants et érudits africains et kémites du monde entier (sans proscrire les chercheurs universalistes acquis à la Maât, d'où qu'ils soient, laquelle veut que la science soit l'Affaire triangulée de la justice, de la vérité et de la mathématique) , choisissent de se pencher eux-mêmes sur cette question avec exigence, loin des passions, loin des pièges du manichéisme, du racialisme dogmatique, du psychologisme, en commençant par respecter trois impératifs méthodologiques.

 1- Résister à la prépondérance et à la naturalisation des contre-vérités sur les deux Traites, au système dogmatique de ce pseudo-savoir, en réfutant toute tendance au révisionnisme, au négativisme, à la falsification intentionnelle, aux réductionnismes, au manichéisme plat, et par dessus tout, à l'absence de démonstration, de preuve, à l'affirmation démagogique, à la mauvaise foi. Dédogmatiser le massif de faussetés accumulées autour de ces récits hallucinants, et cependant considérés comme recevables, en dépit de leur caractère souvent non scientifique... Autant de choses que Cheikh Anta Diop a rappelée et mise en oeuvre dans son livre inaugural, Nations nègre et culture, ou comme René Descartes ruinant la science de son temps, il réfutait le paradigme racialiste, dogmatique et erroné sur l'Afrique, au nom de la vérité historique, en usant de la démonstration, l'argumentation attestée et la réfutation. Il reste que, et le fait est significatif, Diop n'a pas produit d'ouvrages spécifiques sur les Traites négriéres, sans doute est-ce parce que, en prenant le taureau par les cornes, en pointant d'abord le problème épistémologique de la méthode, de la rigueur de l'argumentation et de la justesse de la documentation au sujet de l' Histoire et des institutions anciennes de l'Afrique, de ce point de vue, il a ouvert la voie à toutes les autres recherches futures, pour qu'elles se conforment, à l'obligation minimale de rigueur, à la démonstration, au statut de la scientificité des énoncés. C' est pourquoi les diopiens peuvent continuer son entreprise heuristique, en s'appuyant sur le travail qu'il a engagé sur la dimension méthodologique qui seule garantit l'éclosion de la vérité. C' est donc ce que nous allons envisager ici, en diopien, nous arrêtant sur la cohérence interne de l'information scientifique, de l'argumentation, et en questionnant des discours à peu près muets  sur le sujet qui nous préoccupe ; en priorité pour introduire avec méthode et gravité à la réflexion sur la question desTraites négriéres et de l'esclavage.

  Mais de quoi s'agit-il ? Qui instruit la question ? Qu'en attend t-on, au terme de sa description ? les savants, philosophes, et politologues et juristes africains et Noirs du continent et de la Diaspora s'en sont-il réellement saisis en termes d'équipes scientifiques, de coordination des résultats, en finançant scrupuleusement les travaux ? Existe-t-il à ce jour un état exhaustif de la recherche sur cette question, produit par les Africains et les descendants de l'Afrique eux-même ? avec un regard internaliste, et nécessairement critique, autocritique, acquis à la neutralité axiologique dans l'analyse ? Avec des banques de données exigeantes, des analyses fiables, actualisées, recoupées, réévaluées ? avec des colloques annuels, des débats relayés par la philosophie, le droit, la politique, l'économie, le tout encadré par des méthodes fiables ? par exemple en posant avec pertinence le problème des dates, des chiffres, de la bibliographie autorisée, des méthodes fermes, des éléments quantitatifs au sujet des descriptions imputés, indépendamment des fausses querelles de chiffres, des polémiques oiseuses dans un phénomène qui a nié le statut d'homme aux Noirs. Il appert que nous sommes face à un immense chantier heuristique encore en gestation, lequel exige de mutualiser les moyens et les compétences des chercheurs et des Laboratoires pour produire un état de recherche exhaustif et actualisable. Il importe donc de circonscrire rigoureusement les recherches en garantissant le cadre méthodologique et la définition formelle des notions, des objets. Ici la méthode invoqué est la Déconstruction dans l'acception derridienne d'une opération de pensée qui ruine le point de vue unique, le paradigme de la science normal, investi comme la seule dominante, laquelle se reproduit invariablement, sans résoudre correctement ses problèmes, ses énigmes contre toute forme de réfutation, des connaissances accumulées mais fausses, ankylosées, ignorant tout de la différence, de l'altérité, de la variation différenciée du Même, c'est donc sur le mode de la déconstruction des vérités établies, enseignées depuis des âges sans être réfutées que j'engage cette introduction aux recherches sur l'Esclavage et les deux Traites négrières. J'entends donc déblayer l'horizon méthodologique, autant que celui épistémologique, qui vise l'évaluation de la valeur des connaissances dominantes. J'entends montrer que le savoir sur ces questions est obsolètes, et qu'il est cependant enseigné dans les Universités comme tel, quand bien même il est parfaitement irrecevable. Déconstruire ces pseudo-connaissances est l'objet de ce texte introductif .

 2 - Résister, ici c'est de la sorte reprendre par soi-même - et par la suite, avec les Autres, en l'occurence ceux qui ont fini par se convaincre que cette question-là, bien qu'elle soit ciblée, emporte le destin général de l'humanité, celui de tout Homme, Résister, c'est dès lors reprendre la question dès le commencement, au lieu de sa déclinaison antérieure, pour la retourner autrement, la soumettre à l'épreuve de la vérité, de l'analyse logique, économique, juridique et politique, pour l'éclairer dans ses divers enjeux et ses multiples significations, pour la libérer du faisceau de préjugés qui l'entourent, la faussent, la confinent encore aujourd'hui à la polémique, au regain d'obscurantisme, au ressentiment, à la division racialiste, au mépris de l'Autre, avec des versions falsifiées, pour le moins pauvres, approximatives, des regards idéologiques, qui prolongent le fonds philosophique désastreux qui a vu naître la question, comme si celle-ci ne relevait pas déjà assez de l'Impensable, pour devoir encore la minimiser à l'extrême, et cela depuis des siècles, en en atermoyant les véritables interrogations, et en abrogeant les véritables décisions, les véritables enjeux cognitifs et politiques. Il s'agit donc de récupérer la question là où elle a été confisquée, là où elle a été noyée dans la confusion, reléguée à l'insignifiance. Mais il s'agit aussi de la regarder froidement dans la cruauté de son avènement, de son organisation, de son long déroulement oedipien - on le sait désormais, sans jamais l'avouer : il s'agit du plus long scandale de l'histoire humaine (VII siècle - XX siècle pour la Traite arabo-musulmane (650/652 -1920), et première moitié du XV siècle et première moitié du XIX siècle pour la Traite christiano-transatlantique (1450 - 1869). Reprendre la question pour elle même, pour ce qu'elle apprend à désapprendre nos certitudes les plus aveugles, nos croyances les plus ignorantes, en s'attardant sur l'économie générale de la bestialité qui la voit naître, sur la logique marchande qui la porte de part en part, l'habite et la circonscrit, avec son programme asservissant, hiérarchisant, co-fondateur entre autres du capitalisme, avec ses effets d'amplification, selon le prisme de l'extension du commerce odieux, son espèce de mise en forme de la mondialisation avant la lettre, sa volonté de se prolonger, de recommencer sans cesse, de perdurer, de s'éterniser jusques et y compris après la prescription des Abolitions (Pacte de Vienne), à moins que ce ne fût une stratégie de contre-résistance menée par les anti-abolitionnistes et leur grammaire des ruses d'Abolition sans cesse différées, atermoyées, la pratique étant toujours en violation des lois appelant à l'Abolition, ignorant impunément, superbement, le principe d'abolitionniste lui-même. l'Abolition était alors ce qui n'advenait jamais de manière ferme. On n'était jamais assez abolitionniste...

 3 - Il y a une troisième façon de résister aux descriptions erronées des Traites négrières, autrement plus radicale, c'est en se débarassant des illusions, des erreurs de jugement, par exemple en pensant que les Etats africains actuels ou l' UA dans une Afrique tétanisée par des accords de coopération encore et toujours déséquilibrés et financés par des puissances extérieures, pourrait se saisir de ce dossier et le faire aboutir... c'est pour cela que cette question est en otage dans les Etats africains postcoloniaux, qui sont eux-même les produits de la Colonie, et de la Traite. Ou même le fait encore plus saugrenu de penser que ce sont les Etats Européens, américains ou arabes qui vont apporter des solutions a ces problèmes lors même que celles-ci les condamneraient à de lourdes réparations financières. Ou même le fait de ne pas se douter de l'importance de la Diaspora en Exil à qui il échoie pour une large part la responsabilité Historique de coordonner ces études, en recourant à des chercheurs, universitaires, experts compétents, à des syndicalistes et à des combattants de la liberté documentés. L'un des enjeux de cette forme de résistance est de lire et d'écrire avec précision , rigueur, et quelque distance critique l'Histoire, la science et la philosophie.

II - REFUTER 25 IDEES FAUSSES SUR LES DEUX TRAITES ET L'ESCLAVAGE DES NOIRS

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21 avril 2019

LE TESTAMENT SPIRITUEL DE MUBABINGE BILOLO - PROFESSEUR MUBABINGE BILOLO - COMMENTAIRE YVES KOUNOUGOUS (PHD) - FRANCE

 

           CHERS AMIS DE JESUS ET AUTRE,

  JE REFUSE DE M'INCLINER DEVANT N'IMPORTE QUEL AVENTURIER, MONSTRE OU DIEU EURASIATIQUE, CETTE RELIGION EST FAUSSE ET ELLE EST UNE ARME DE DOMINATION. LA DOMINATION SPIRITUELLE EST LA CONDITION DE TOUT AUTRE DOMINATION.

   JE N'AI AUCUN DESIR D'ALLER ME METTRE A CÔTE DE JESUS, DE MARIE, DE ALLAH, ET AUTRES ANCÊTRES D'AUTRES RACES. JE SALUERAI CERTES TOUT HOMME OU TOUTE CREATURE QUE JE CROISERAI SUR MA ROUTE, COMME JE LE FAIS SUR TERRE.

   APRES MA MORT, J'IRAI AUPRES DE MES ANCÊTRES, CHEZ LE DIEU DE MES ANCÊTRES, CHEZ LE DIEU DE MES ANCÊTRES, MUNGU-NZAMBI-MAWESHA, IMANA, DANS LE VILLAGE DES BANANES QUE JE MANGERAI A L'OMBRE DES PALMIERS DU CIEL.

  MA JOIE, MON BONHEUR, C' EST AUPRES DE MES ANCÊTRES. C'EST AVEC EUX QUE J'IRAI DANSER LE MUTWASHI ET LE RYTHME DE BOB MARLEY.

 MON PEUPLE, MA RACE, N'A PAS BESOIN DE SALUT, CAR L'ENTREE DANS LE VILLAGE BALAYE DES BANANES N'A JAMAIS ETE FERMEE.

 LES MORTS NE SONT PAS MORTS. LA MORT N'EXISTE PAS. JE SUIS UNE ETOILE IMPERISSABLE. JE SUIS AVEC MON DIEU CREATEUR ET MES ANCÊTRES ICI SUR TERRE, J'ETAIS AVEC EUX AVANT DE VENIR VISITER LA TERRE ET JE SERAI AVEC EUX POUR L'ETERNITE.

 LE DIEU DE MES ANCÊTRES, NZAMBI-MUNGU-MVIDI-MUKULU-UNKULUNKULU ET MES ANCÊTRES, LA VISION D'UNE AFRIQUE HEUREUSE ET UNIE DANS L'AU-DELA, CONSTITUENT L'ESSENTIEL DE MES ATTENTES.

 SI MON PERE, MA MERE, MES ANCÊTRES, N'INTERCEDAIENT PAS POUR MOI A L'ENTREE DE KALA-KAKOMBA, DU VILLAGE BALAYE, JE RENONCERAIS A CE VILLAGE. JE NE METTRAIS MES PIEDS DANS  CE VILLAGE SUR L'INTERCESSION D'UN JESUS, D'UNE MARIE OU DE TOUT AUTRE MONSTRE.

 SI L'EURASIATIQUE A UN DIEU QUI EST BON, IL DOIT LE PROUVER ICI SUR TERRE. CÔTE D'IVOIRE EST AUJOURD'HUI VICTIME DE LA BARBARIE EURASIATIQUE. LA LYBIE EST DETRUITE.YEMEN EST SANS SOUTIEN.HAITI EST SANS SOUTIEN.

 LES OEUVRES DU CHRISTIANISME SONT AMERES. JE SUIS DEVENU RARE DANS LE MILIEU AFRICAIN, CAR J'AI COMPRIS QUE MES FRERES ET SOEURS SONT DES ESCLAVES SPIRITUELS QUI PEUVENT SACRIFIER LE CONTINENT POUR ENTRER AU CIEL DES EURASIATIQUES .  " QUI PEUVENT " N' EST PAS LE TERME ADEQUAT, IL FAUDRAIT DIRE  " QUI SACRIFIENT ".

 ILS NE PRIENT PLUS LEURS ANCÊTRES, ILS NE CITENT PLUS LE NOM DE LEURS PARENTS. ILS NE RÊVENT PLUS D'ALLER RETROUVER LEURS PROPRES ENFANTS QUI SONT DEJA MORTS, LEURS PROPRES AMIS QUI SONT DEJA PARTIS, ILS NE RÊVENT QUE D' ABRAHAM, JESUS, ET MARIE. ILS ONT PERDU ET PERDENT BEAUCOUP DE TEMPS POUR S'OCCUPER DES NOMS QUI N'ONT BESOIN DE RIEN, AU LIEU DE S'OCCUPER DES HOMMES, DES FEMMES, DES ENFANTS, DES PAYS, QUI ONT BESOIN DE BEAUCOUP DE CHOSES.

 JE NE PEUX PAS SUIVRE LE MENSONGE ET LE DIEU DES MENTEURS. LA BIBLE MENT. CE LIVRE EST RACISTE, NEGROPHOBIQUE, LE CORAN AUSSI.

 AU DIABLE, LE DIEU DE CES RELIGIONS ! LE DIABLE EST LE DIEU DE CES RELIGIONS. L'ENFER, CES EGLISES QUI SONT EN TRAIN DE VOUS DISTRAIRE PENDANT QU'ON TUE, QU'ON PILLE ET QU'ON VIOLE L'AFRIQUE ET LE MONDE. POURQUOI CELEBRER LA RESURRECTION DE JESUS ET NON CELLE D'OSIRIS ? ENTRE LES DEUX LEGENDES, IL N'Y A QUE LE NOM DU NOIR  " WSIR " QU' ON A CHANGE PAR LE NOM DU ROUGE - PÂLE JESUS (T-IS>ISIS/DYESE/JÊSE). L'HISTOIRE DE LA RESURRECTION EST NEGRO-AFRICAINE ET ELLE EST ANTERIEURE A LA PREMIERE DYNASTIE DE LA VALLEE DU NIL. C'EST DU PLAGIAT THEOLOGIQUE ET SPIRITUEL.

 APRES MA MORT, JE NE VEUX PAS QU'UN AFRICAIN OU UNE AFRICAINE VIENNE PRONONCER LE NOM DE JESUS OU D'UNE AUTRE DIVINITE ETRANGERE DEVANT MON CORPS OU SUR MA TOMBE. QUE MES AMI(E)S EURASIATIQUES LE FASSENT, C'EST NORMAL. JE NE SUIS PAS CONTRE. ILS NE PEUVENT PARLER ET PRIER AUTREMENT. C'EST LE DIEU DE MES ANCÊTRES ET MES ANCÊTRES QUE J'INVOQUE POUR EUX. JE REFUSE CATEGORIQUEMENT QU' UN(E) NEGRO-AFRICAIN(E) VIENNE AVEC ALLAH OU JESUS SUR MA TOMBE. IL N'Y A PAS D'EXCEPTION A CETTE REGLE. SI LES IMAMS, LES EVÊQUES ET LES MOINES AFRICAIN(E)S NE CONNAISSENT PLUS LES PRIERES DE NOS ANCÊTRES, S'ILS NE SAVENT PLUS LOUER LE DIEU DE NOS ANCÊTRES, QU' ILS SE TAISENT. ILS PEUVENT INFORMER, KIMBANGU, LUMUMBA, MANDELA, MALCOLM X, BOB MARLEY, SANKARA, KIMPA VITA, TUTAKAMUNA, SHABAKA, CHEIKH ANTA DIOP, CESAIRE, CHAKA ZULU... AINSI QUE MES PARENTS POUR QU'ILS VIENNENT ME CHERCHER POUR PASSER A L'AUTRE RIVE.

 

                                             TEL EST MON TESTAMENT SPIRITUEL

 

                                               MUBABINGE BILOLO WA KALUKA MFWADI

 

  

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21 mars 2019

SUR L'EQUIVOCITE DU COGITO CARTESIEN - PROFESSEUR CHARLES KOUNKOU - UNIVERSITE DE BRAZZAVILLLE ( CONGO) PARTIE III - FIN

 

 IV - LA PERFORMANCE DU COGITO

    DANS UN ARTICLE CELEBRE QUI DATE DE 1962 ET DONT LE TITRE INDIQUE D'EMBLEE L'ENJEU - " COGITO ERGO SUM : INFERENCE OU PERFORMANCE ? " , JAAKKO HINTIKKA ANALYSAIT LE COGITO EN FONCTION DES ACQUIS ALORS RECENTS DE LA PHIOSOPHIE ANALYTIQUE. CAR IL S'AGISSAIT POUR JAAKKO HINTIKKA DE PENSER LE COGITO A LA LUMIERE DU FORMIDABLE TRAVAIL PHILOSOPHIQUE DE JOHN L. AUSTIN, TELS QU'ON POUVAIT DES DECOUVRIR DANS   " QUAND DIRE, C'EST FAIRE " .  JAAKKO HINTIKKA COMMENCE PAR ANNONCER QUE DESCARTES SE REFUSAIT A CONSIDERER LE COGITO COMME UNE INFERENCE LOGIQUE ET A FORTIORI COMME UN SYLLOGISME EN DEPIT DE L'USAGE DE LA CONJONCTION DE SUBORDINATION  " ERGO " DANS LA CONSTRUCTION DE L'ENONCE COURANT DU COGITO - COGITO ERGO SUM . UNE CONJONCTION DE SUBORDINATION QUI EXPRIME,  ON LE SAIT, D'ORDINAIRE UNE INFERENCE. ET POURTANT, IL FINIT PAR SE CONVAINCRE QUE LE COGITO EST BIEN UNE INFERENCE LOGIQUE. D' AUTANT PLUS QUE DESCARTES LUI-MÊME L'AFFIRME, LORSQU'IL RECUSE L'ENONCE -  " JE ME PROMENE DONC JE SUIS "  EN RAISON DE SON INCONSISTANCE LOGIQUE. CAR UN TEL ENONCE NE PEUT ÊTRE VRAI QUE DANS LA MESURE OU JE PRENDS CONSCIENCE QUE JE ME PROMENE. OR, CETTE PRISE DE CONSCIENCE CORRESPOND A LA PENSEE  " DE FACON QUE DE CE QUE JE PENSE ME PROMENER JE PUIS FORT BIEN INFERER L'EXISTENCE DE MON ESPRIT, QUI A CETTE PENSEE " . CONTRE UNE TELLE INTERPRETATION, JAAKKHO HINTIKKA SE PROPOSE DE DIRE POURQUOI LE COGITO NE RELEVE PAS DE L'INFERENCE LOGIQUE.  " NOUS POUVONS MAINTENANT COMPRENDRE LA RELATION DES DEUX COMPOSANTS DU COGITO ERGO SUM ET APPRECIER LES RAISONS POUR LESQUELLES IL NE PEUT S'AGIR D'UNE INFERENCE LOGIQUE AU SENS ORDINAIRE DU TERME " QUELLES SONT CES RAISONS QUI INTERDISENT AU COGITO D'APPARAITRE COMME UNE INFERENCE LOGIQUE ? LA PRINCIPALE RAISON RESIDE DANS L' INDUBITABILITE DE L'ENONCE  "  JE SUIS " LA RELATION INDUBITABLE, QUI S'ETABLIT ENTRE S SUM ET COGITO, NE RESULTE EN EFFET PAS D'UNE DEDUCTION DU SUM DU COGITO. MAIS SI L'INDUBITABILITE DU SUM NE RESULTE PAS D'UNE DEDUCTION, D'OU PROVIENT-ELLE ? ELLE PROVIENT D' UN ACTE DE PENSER,  " A SAVOIR D'UNE TENTATIVE POUR PENSER LE CONTRAIRE " AUTREMENT DIT,  C'EST L'IMPOSSIBILITE POUR L'EGO DE PENSER ET DE DIRE LE CONTRAIRE DE L'ENONCE JE SUIS COMME INDUBITABLER. MAIS SI L'ENONCE JE SUIS SE REVELE INDUBITABLE, COMMENT APPREHENDER ALORS L'ENONCE JE PENSE ?  " LA FONCTION DU MOT COGITO DANS LE DICTUM DE DESCARTES EST DE DESIGNER L'ACTE DE PENSEE A TRAVERS LEQUEL SE MANIFESTE L'AUTO-VERIFIABILITE EXISTENTIELLE DE   "J'EXISTE " . L'INDUBITABILITE DE L'ENONCE JE SUIS NE SE DEDUIT DONC PAS DU COGITO COMME S'IL S'AGISSAIT D'UNE INFERENCE LOGIQUE. AU CONTRAIRE, L'ENONCE  " JE SUIS " S'AVERE INDUBITABLE  " PARCE QUE ET POUR AUTANT QU' ON Y PENSE ACTIVEMENT " . LOIN DE RESSORTIR A LA RELATION D'UNE PREMISSE A UNE CONCLUSION, A LA RELATION DU  " JE PENSE " A  " JE SUIS "  RELEVE PLUTÔT DE CELLE   " D'UN PROCESSUS A SON PRODUIT " . LA FONCTION DU COGITO EST DESORMAIS CONNUE :  LE COGITO EST L'OPERATEUR ET LE VERIFICATEUR DE L'INDUBITABILITE DU  " SUM ". C' EST DONC CET ENONCE QUI PERMET D 'INDUIRE ET D'ATTESTER L' INDUBITABILITE DE L'EXISTENCE. ET IL LE PERMET NON PAS DE L' EXTERIEUR, A LA MANIERE D'UNE INFERENCE LOGIQUE QUI S'IMPOSE A L'EGO PAR LA CONTRAINTE DU RAISONNEMENT LOGIQUE, MAIS PLUTÔT PAR ET AU MOYEN DE L'EGO LUI-MÊME, POUR AUTANT QUE ET DANS LA MESURE OU IL PENSE. DE SORTE QUE LA VERIFICATION S'ENTEND COMME UNE AUTO-VERIFICATION EXISTENTIELLE. CAR  " JE SUIS, J'EXISTE "  SEULEMENT EN TANT QUE JE   " PENSE  ". JAAKKHO HINTIKKA DIT DU COGITO QUE   " CE TERME SERT A EXPRIMER LE CARACTERE PERFORMATOIRE DE CE QUE DESCARTES A EN VUE : IL DESIGNE LA  " PERFORMANCE "  (L'ACTE DE PENSER ) AU TRAVERS DE LAQUELLE ON PEUT DIRE QUE LA PHASE   " J'EXISTE  " SE VERIFIE ELLE-MÊME " . LA FONCTION DE VECTEUR DE L'AUTO-VERIFIABILITE EXISTENTIELLE INHERENTE AU COGITO PERMET DE COMPRENDRE LE CARACTERE IRREMPLACABLE DU COGITO. EN EFFET, LA PERFORMANCE A TRAVERS LAQUELLE SE MANIFESTE L'AUTO-VERIFIABILITE EXISTENTIELE NE PEUT S'INCARNER EN TOUTE ACTIVITE HUMAINE, COMME LE PRETENDAIT IRONIQUEMENT GASSENDI DANS SA CELEBRE OBJECTION A DESCARTES. UNE OBJECTION QUI VISAIT A ETABLIR L'ÊTRE ET L'EXISTENCE A PARTIR DE L'ACTION DE SE PROMENER. EN REALITE, LA PERFORMANCE AFFERENTE A L'AUTO-VERIFIABILITE EXISTENTIELLE N'EST POSSIBLE QUE  PAR  ET A TRAVERS LE COGITO. TOUTEFOIS, LE COGITO NE SAURAIT POUR AUTANT EN ÊTRE LA FORME EXCLUSIVE. CAR UNE TELLE PERFORMANCE SYNONYME D'EXISTENCE PEUT ENCORE INCARNER DANS L'EXPERIENCE DU DOUTE. DANS LA  " RECHERCHE DE LA VERITE PAR LA LUMIERE ETERNELLE  " , DESCARTES USE EN EFFET DU DOUTE COMME D'UN VECTEUR DE L'AUTO-VERIFIABILITE EXISTENTIELLE.  " IL EST VRAI AUSSI QUE VOUS QUI DOUTEZ VOUS EXISTEZ, ET CELA EST SI VRAI QUE VOUS N'EN POUVEZ PAS DOUTER DAVANTAGE " . CERTES, LE COGITO ET LES AUTRES FORMES D'INTELLECTION COMME LE DOUTE, EN TANT QU'ELLES OPERENT L'AUTO-VERIFIABILITE EXISTENTIELLE, SE CONSTITUENT COMME UNE PERFORMANCE. MAIS UNE RESERVE SURGIT IMMEDIATEMENT SUR LE CARACTERE IRREMPLACABLE DU COGITO DANS LA PERFORMANCE A TRAVERS LAQUELLE SE MANIFESTE L' AUTO-VERIFIABILITE EXISTENTIELLE. S'IL EST ACQUIS QU'ON NE PEUT REMPLACER LE COGITO PAR UNE AUTRE ACTIVITE HUMAINE, IL EST POURTANT  POSSIBLE D'EN FAIRE L'ECONOMIE. DE SORTE QUE L'AUTO-VERIFIABILITE EXISTENTIELLE S'OPERE PAR L'AFFIRMATION DE L'ÊTRE ET DE L'EXISTENCE, ET NON PAR LE BIAIS d'UNE QUELCONQUE ACTIVITE, FÛT-ELLE L'ACTION DE PENSER. COMME LE PROUVE L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO -  " JE SUIS, J' EXISTE " - QUI NE RECOURT NULLEMENT A L'ENONCE -  " JE PENSE - POUR ETABLIR NON SEULEMENT L'ÊTRE ET L'EXISTENCE, MAIS ENCORE L'INDUBITABILITE DE L'ÊTRE ET DE L'EXISTENCE. D'AILLEURS, LES QUESTIONS AUXQUELLES SE TROUVE CONFRONTE LE COGITO, COMME LA QUESTION AFFERENTE A SON SUJET DE RAISONNEMENT DEDUCTIF, C'EST-A-DIRE LA QUESTION RELATIVE A SA QUALITE d' INFERENCE LOGIQUE - QUESTION QUI CULMINENT DANS LA QUESTION DU CARACTERE SYLLOGISTIQUE DU COGITO NE SE POSENT QUE POUR L'ENONCE COURANT DU COGITO  "JE PENSE, DONC JE SUIS ".  DE TELLES QUESTIONS S'AV7RENT IMPENSABLES POUR L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO -  " JE SUIS, J'EXISTE ". CAR CHACUN PEUT VOIR QU'AUCUNE INFERENCE NE PRESIDE A L'INSTAURATION  DE L'EXISTENCE QUI S'INSTAURE AVEC L'INSTAURATION DE L'ENONCE  " JE SUIS, J'EXISTE " . AUTREMENT DIT ,  " JE SUIS , J' EXISTE " TOUTES LES FOIS QUE J'ENONCE QUE JE SUIS ET QUE J'EXISTE. AINSI, L'ENONCE  " JE SUIS, J'EXISTE POSSEDE-T- IL LORS DE SA PROFERATION LES CARACTERISTIQUE ET LES ATTRIBUTS DE LA  " PERFORMANCE A TRAVERS LAQUELLE UNE PHRASE EXISTENTIELLEMENT AUTO-VERIFIANTE SE VERIFIE ELLE-MÊME " IL FAUT AJOUTER QUE L'ENONCE  " JE SUIS, J' EXISTE " LA POSSEDE, A VRAI DIRE , DE MANIERE IMMEDIATE, PUISQUE JAAKKO HINTIKKA DOIT CONSTRUIRE UN VERITABLE RAISONNEMENT POUR ETABLIR QUE DANS L'ENONCE  " JE PENSE, DONC JE SUIS "  , L'AUTO-VERIFIABILITE EXISTENTIELLE NE SE VERIFIE PAS AU MOYEN DE LA PENSEE, MAIS SEULEMENT POUR AUTANT QUE ET DANS LA MESURE OU JE PENSE. SI L'IMMEDIATETE SE PRESENTE COMME LE CRITERE DE L'INDUBITABILITE DE L'EXISTENCE, ALORS IL EST CLAIR QUE L'ÊTRE ET L'EXISTENCE QUI S'INSTAURENT AVEC L'INSTAURATION DE L'ENONCE  " JE SUIS, J'EXISTE " SONT ASSUREMENT PLUS INDUBITABLE QUE L'ÊTRE QUI EST INFERE DE L'ACTE DE PENSER. AUTREMENT DIT,  " JE SUIS, J' EXISTE  PLUS IMMEDIATEMENT ET DONC PLUS INDUBITABLEMENT LORSQUE JE PROFERE QUE JE SUIS, J'EXISTE QUE LORSQUE JE SUIS, J'EXISTE POUR AUTANT QUE ET DANS LA MESURE OU JE PENSE. " PARCE QU'IL A MANQUE LA DISTINCTION DES DEUX ENONCES DU COGITO, ET PAR CONSEQUENT, LEUR APPREHENSION SEPAREE, JAAKKO HINTIKKA A FINI PAR LES ASSIMILER.  " IL N'Y A PAS INCOMPATIBILITE (I.E. ENTRE L'ACTE DE DIRE - JE SUIS, J'EXISTE ET JE PENSE, DONC JE SUIS ) , CAR DESCARTES DIT EXACTEMENT LA MÊME CHOSE " AINSI, A -T-IL FAIT LITIERE DE TOUTES LES QUESTIONS AUXQUELLES S'EXPOSE L'ENONCE COURANT DU COGITO  " JE PENSE, DONC JE SUIS " QUESTIONS QUI SE RECAPITULENT DANS LA QUESTION DE L'INFERENCE LOGIQUE ET CULMINENT DANS LA QUESTION DU SYLLOGISME. A CES QUESTIONS, ON LE SAIT, SE SOUSTRAIT L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO EN RAISON DE SON CARACTERE INTUITIF. CAR L'ENONCE - JE SUIS, J'EXISTE - POSSEDE EN EFFET TOUS LES CARACTERES DE L'INTUITION, TELLE QUE LA DEFINIT LA REGLE III DES  REGULAE : " PAR REGARD (i.e INTUITION) JE N' ENTENDS, NI LE TEMOIGNAGE CHANGEANT DES SENS NI LE JUGEMENT TROMPEUR DE L'IMAGINATION QUI COMPOSE MAL ; MAIS LA CONCEPTION D'UN ESPRIT PUR ET ATTENTIF SI AISEE ET SI DISTINCTE, QU'IL NE RESTE PLUS AUCUN DOUTE SUR CE, QUE NOUS ENTENDONS ; OU BIEN, CE QUI EST LE MÊME, LA CONCEPTION INDUBITABLE D'UN ESPRIT PUR ET ATTENTIF, QUI NAÎT DE LA SEULE LUMIERE DE LA RAISON, ET EST PLUS CERTAINE QUE LA DEDUCTION ELLE-MÊME PARCE QUE PLUS SIMPLE " . L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO  " JE SUIS, J'EXISTE  " EST NON SEULEMENT SIMPLE, C'EST-A-DIRE FACILE A COMPRENDRE, MAIS ENCORE, EN VERTU DE CETTE SIMPLICITE QUI LUI EST INHERENTE, ASSREMENT INDUBITABLE. ET C'EST PARCE QU'IL PROCEDE DE LA SEULE LUMIERE DE LA RAISON ET NON DES ARCANES DU RAISONNEMENT COMME L'ENONCE COURANT DU COGITO, QUE L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO S 'AVERE, EN TANT QU'IL PROVIENT DE L'INTUITION, PLUS CERTAINE, C'EST-A-DIRE PLUS INDUBITABLE QUE L'ENONCE COURANT DU COGITO, QUI RESULTE DE L'INFERENCE LOGIQUE, AUTREMENT DIT DE LA DEDUCTION. MÊME SI LA DEDUCTION SE REVELE ABSOLUMENT INDUBITABLE, ETANT DONNE QU'ELLE NE PEUT  " ÊTRE MAL FAITE PAR L'HOMME " . JAAKKO HINTIKKA SE REFUSAIT, ON LE SAIT, A PENSER CONTRE L'EVIDENCE DE LA DEMARCHE DE DESCARTES, LE COGITO COMME UNE INFERENCE LOGIQUE. CAR DE L'INFERENCE LOGIQUE AU SYLLOGISME, LE PAS EST VITE FRANCHI. AINSI, LOIN DE RESOUDRE L'ENIGME DU COGITO QUI PROCEDE DE L'INFERENCE LOGIQUE TOUT EN ETANT EXCLUSIF DU SYLLOGISME, JAAKKO HINTIKKA LA LAISSAIT-IL INTACTE. DE SORTE QUE LA TÂCHE EST REVENUE A JEAN-CLAUDE PARIENTE D'EXAMINER, A NOUVEAUX FRAIS, CETTE ENIGME ET DE TENTER DE LA RESOUDRE DANS L'ARTICLE  " PROBLEMES LOGIQUES DU COGITO " . DANS CET ARTICLE QUI REPREND SA COMMUNICATION AU COLLOQUE DE LA SORBONNE POUR LE 350 e ANNIVERSAIRE DU    " DISCOURS DE LA METHODE " , JEAN-CLAUDE PARIENTE TRAVAILLE, EN EFFET, A RESOUDRE L'ENIGME DU COGITO QUI S'ENTEND COMME UNE INFERENCE LOGIQUE SANS POUR AUTANT ÊTRE UN SYLLOGISME ? CETTE DIFFICULTE? JAAKKO HINTIKKA L'A RECONNUE, MAIS L'A PAR LA SUITE, OCCULTEE DANS LA MESURE OU IL A PREFERE DEMONTRER QUE LE COGITO N'EST PAS UNE INFERENCE LOGIQUE, MAIS UNE PERFORMANCE, OU PLUS PRECISEMENT UNE INFERENCE ET UNE PERFORMANCE. AU CONTRAIRE, JEAN-CLAUDE PARIENTE S'EMPLOIE A RESOUDRE UNE REELLE DIFFICULTE.  " LE COGITO EST UNE INFERENCE, DANS L'ACCEPTION QUE DESCARTES DONNE A CE MOT, SI CETTE INFERENCE N'EST PAS SYLLOGISTIQUE, C'EST PARCE QU'ELLE N'ATTRIBUE PAS UNE PROPRIETE A UN SUJET DU FAIT QU 'IL POSSEDE UNE AUTRE PROPRIETE ET QUE TOUS LES SUJETS QUI POSSEDENT LA SECONDE POSSEDENT LA PREMIERE. S'IL S'AGIT CEPENDANT D'UNE INFERENCE, C'EST PARCE QUE LA PENSEE : JE PENSE N'EST PAS IDENTIQUE A LA PENSEE : JE SUIS. PAR LA PREMIERE, JE ME RECONNAIS COMME PORTEUR D'UN CERTAIN ATTRIBUT ; PAR LA SECONDE, JE POSE LA REALITE DE CE SUPPORT D'ATTRIBUT A QUI JE SUIS IDENTIFIE (...) JE M'INSTALLE COMME SUPPORT DANS LA REALITE (...) C'EST POURQUOI LE COGITO, COMME TOUTE INFERENCE, TRANSMET LA VERITE DE SON POINT DE DEPART A SA CONCLUSION. MAIS CETTE INFERENCE TRANSMET EN MÊME TEMPS A LA CONCLUSION LA MODALITE EPISTEMOLOGIQUE DE SON POINT DE DEPART, L'INDUBITABILITE. CHAQUE FOIS QUE JE PENSE, JE NE PUIS DOUTER QUE JE PENSE ; ET SI JE NE PUIS DOUTER QUE JE PENSE, JE NE PUIS DOUTER QUE JE SUIS, PUISQUE LE FAIT QUE JE SOIS N'EST PAS POUR MOI QUI PENSE UN FAIT DIFFERENT DU FAIT QUE JE PENSE (...) CE N'EST PAS A DIRE QU'ÊTRE SOIT PENSER : LES CORPS NE PENSENT POINT. (...) IL Y A UNE DISTINCTION ENTRE JE PENSE ET JE SUIS, ET IL FAUT UNE INFERENCE POUR PASSER DE L'UNE A L'AUTRE DE CES PROPOSITIONS, MAIS ELLES N'EXPRIMENT PAS DEUX FAITS DIFFERENTS, ET L'INDUBITABILITE DE LA PREMIERE SE TRANSMET A LA SECONDE ".  LE COGITO, DESCARTES L'A DIT A PLUSIEURS REPRISES, NE PEUT ÊTRE ASSIMILE A UN SYLLOGISME. PARCE QUE LA POSSESSION D'UN PREDICAT PAR UN SUJET NE SAURAIT SIGNIFIER LA POSSESSION D'UN AUTRE PREDICAT, CONFORMEMENT AU FAIT QUE TOUS LES SUJETS QUI POSSEDENT LE SECOND PREDICAT POSSEDENT LE PREMIER.  EN EFFET, EVOQUER DANS UNE PROPOSITION UN SUJET DE LA PENSEE N'EQUIVAUT PAS A EVOQUER UN TEL SUJET COMME EXISTANT. CAR CELA REVIENDRAIT A PRETENDRE QUE TOUS LES SUJETS QUI EXISTENT PENSENT. TOUTEFOIS, LE COGITO QUI NE RELEVE PAS DU SYLLOGISME, RELEVE EN REVANCHE BIEN DE L'INFERENCE LOGIQUE. EN RAISON DE LA DIFFERENCE ENTRE L'ENONCE JE PENSE ET L'ENONCE JE SUIS, IL Y ASSUREMENT PASSAGE POUR LE SUJET DE LA POSSESSION D 'UN SIMPLE PREDICAT - JE PENSE - A L'AFFIRMATION DE L'ÊTRE OU DE L'EXISTENCE DU SUJET AUQUEL CE PREDICAT EST INHERENT. AUTREMENT DIT, IL Y A BIEN DANS LE COGITO, PASSAGE DU PENSER A L'ÊTRE. MAIS L'ÊTRE QUI APPARAIT DANS CE PASSAGE N'EST QU'UN ÊTRE PENSE. EN EFFET, LE JE SUIS QUI PROCEDE DU JE PENSE N'EST QU'UN JE SUIS PENSE, AUTREMENT DIT UN ESPRIT OU UNE ÂME. AU CONTRAIRE, SI LE COGITO RESSORTISSAIT AU SYLLOGISME, LE JE SUIS QUI EN RESULTERAIT, EN QUALITE DE CONCLUSION, SERAIT UN JE SUIS VERITABLE, DOTE DES ATTRIBUTS DE L'ESPRIT ET DU CORPS. DES LORS, UNE TELLE CONCLUSION SERAIT NON PAS INDUBITABLE COMME L'ENONCE QUI DECOULE DU JE PENSE DANS LE CADRE DE L'INFERENCE LOGIQUE, MAIS BIEN DUBITABLE, PUISQU'ELLE SERAIT TOUJOURS REVOCABLE. AINSI QUE L'ATTESTE L'ENONCE CARTESIEN, EN REPONSE A L'OBJECTION DE GASSENDI QUI ALLEGUAIT :  JE ME PROMENE DONC JE SUIS. A REBOURS DE L'ALLEGATION DE GASSENDI, DESCARTES POUVAIT AFFIRMER QUE LA CERTITUDE DE L'ENONCE JE PENSE ME PROMENER DONC JE SUIS NE VAUT QUE POUR L'ESPRIT QUI RECELE PAR DEVERS SOI CETTE PENSEE ET NON POUR LE CORPS DE CELUI QUI LE PROFERE. EN EFFET,  " DE CE QUE JE PENSE ME PROMENER JE PUIS FORT BIEN INFERER L'EXISTENCE DE MON ESPRIT, QUI A CETTE PENSEE, MAIS NON CELLE DE MON CORPS, LEQUEL SE PROMENE ". TOUTEFOIS, LA DEMONSTRATION DE JEAN-CLAUDE PARIENTE SELON LAQUELLE LE COGITO EST BIEN UNE INFERENCE LOGIQUE QUI DEMEURE EXCLUSIVE DU SYLLOGISME N'EST RECEVABLE QUE POUR L'ENONCE COURANT DU COGITO. CAR ELLE NE SAURAIT EXISTER, NI MÊME SE CONCEVOIR POUR L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO, DU FAIT DE L'ABSENCE D'ECART ET, FORTIORI DE DISTANCE, QUI IMPLIQUERAIT LE PASSAGE DE LA PROPOSITION JE SUIS A LA PROPOSITION J'EXISTE, DANS L'ENONCE JE SUIS, J'EXISTE.

 CONCLUSION

  DANS L'AVANT- PROPOS DE L'OUVRAGE ISSU DU COLLOQUE ORGANISE EN SORBONNE POUR CELEBRER LE 350 e ANNIVERSAIRE DU  " DISCOURS DE LA METHODE ", NICOLAS GRIMALDI S'INTERROGE : " EST-IL VRAI QUE LE COGITO DU DISCOURS NE SOIT PAS IDENTIQUE A CELUI DES MEDITATIONS, ET QUE SI CELUI-CI EST DECOUVERT PAR UNE EXPERIENCE PROPREMENT METAPHYSIQUE, CELUI-LA N'EST QU'UN MOMENT LOGIQUE DANS LE MOUVEMENT D'UNE RECHERCHE STRICTEMENT SCIENTIFIQUE DE LA VERITE ? " AVEC LA DISTINCTION DE L'ENONCE COURANT ET DE L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO, NOUS AVONS SEULEMENT ESSAYE DE REPONDRE A L'INTERROGATION DE NICOLAS GRIMALDI. MÊME SI NOTRE REPONSE DEPEND ENCORE POUR SES RESULTATS DE SON INTERROGATION, PUISQUE CETTE INTERROGATION, A EN S'ENONCANT, D'ORES ET DEJA CIRCONSCRIT L'ESPACE DANS LEQUEL SE DEPLOIE NOTRE REPONSE ET A , EN OUTRE, FIXE L'HORIZON DE CETTE REPONSE. EN EFFET, A TRAVERS L'IDEE DE LA NON-IDENTITE DU COGITO DU  " DISCOURS DE LA METHODE " ET DE CELUI DES  " MEDITATIONS " , NON SEULEMENT NICOLAS GRIMALDI NOUS PRECEDE DANS LE PROJET D'ELUCIDATION DE CETTE NON-IDENTITE. MAIS ENCORE, IL NOUS AIDE A ACCOMPLIR UN PAS IMPORTANT SUR LE CHEMIN DE L'ELUCIDATION DE LA DIFFERENCE DU COGITO DU  " DISCOURS DE LA METHODE " ET DE CELUI DES  " MEDITATIONS " A TRAVERS L'APPREHENSION, QU' IL MET EN OEUVRE, DU COGITO DES  " MEDITATIONS " COMME UNE EXPERIENCE METAPHYSIQUE - PRECISEMENT COMME L'EXPERIENCE PERFORMATIVE DE L'AUTOVERIFIABILITE EXISTENTIELLE. TANDIS QUE LE COGITO DU DISCOURS PROCEDE A SES YEUX, ET D 'AILLEURS A JUSTE TITRE, UNIQUEMENT DE LA CIRCONSCRIPTION D 'UN MOMENT - LE MOMENT DE L'ÊTRE DANS LE PROCESSUS DE L'INFERENCE LOGIQUE QUI CONDUIT DE LA PENSEE A L' ÊTRE. A CONDITION DE NE PAS COMMETTRE LE CONTRESENS QU'IMPLIQUERAIT UNE MAUVAISE ENTENTE DE L'ÊTRE. CAR IL NE S'AGIT PAS D'ENTENDRE L' ÊTRE COMME LE TOUT FORME PAR L'ESPRIT ET LE CORPS, MAIS SEULEMENT COMME L'ESPRIT QUI SEUL PROCEDE DE LA PENSEE. EN EFFET, SEUL L'ESPRIT OU L'ÂME EST CETTE  " SUBSTANCE DONT TOUTE L'ESSENCE OU LA NATURE N'EST QUE DE PENSER. (...) EN SORTE QUE CE MOI, C'EST- A - DIRE, L'ÂME PAR LAQUELLE JE SUIS CE QUE JE SUIS, EST ENTIEREMENT DISTINCTE DU CORPS ".

 

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21 février 2019

SUR L'EQUIVOCITE DU COGITO CARTESIEN - PROFESSEUR CHARLES THOMAS KOUNKOU - UNIVERSITE DE BRAZZAVILLE (CONGO) - PARTIE II

 

   III - L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO

          LE POINT DE DEPART DE LA CONCEPTION IMMEDIATE DU COGITO SEMBLE DEVOIR ÊTRE

    L' EXPERIENCE DU DOUTE ET L'HYPOTHESE DU MALIN GENIE QUI SE RENOUVELLE A

    TRAVERS L'HYPOTHESE DU DIEU TROMPEUR. IL Y A RENOUVELLEMENT D'UNE HYPOTHESE

    PAR ET DANS UNE AUTRE, PRECISEMENT PARCE QU'UNE MÊME STRUCTURE DIALOGIQUE

    PRESIDE A L'INVENTION DE L'HYPOTHESE DU MALIN GENIE ET A L'HYPOTHESE DU DIEU

   TROMPEUR. DESCARTES COMMENCE, DANS LA PERSPECTIVE DE LA RECHERCHE DE LA

   CERTITUDE PENSEE COMME POINT D'ARCHIMEDE DU SAVOIR, C'EST-A-DIRE COMME

   POINT FIXE ET ASSURE, PAR FORMULER L' HYPOTHESE DU DOUTE : " " JE SUPPOSE DONC

   QUE TOUTES LES CHOSES QUE JE VOIS SONT FAUSSES ". COMME IL CONSIDERE QUE 

   TOUTES LES CHOSES NE SONT QUE DES FICTIONS QUE CONSTRUIT SON ESPRIT, RIEN NE

   PEUT ALORS ÊTRE SAISI COMME CERTAIN,  " SINON QU'IL N' Y A RIEN AU MONDE DE 

   CERTAIN " .  C' EST  A CETTE ETAPE DU RAISONNEMENT CARTESIEN QU'INTERVIENT

   L'HYPOTHESE DU DIEU TROMPEUR . A REBOURS DE L'HYPOTHESE DU DOUTE, DESCARTES

   AVANCE L'IDEE D'UNE CERTITUDE QUI S'INCARNE EN UNE CHOSE QUI SE PRESENTE ALORS

   COMME INDUBITABLE. MAIS AUSSITÔT QU'UNE TELLE IDEE S'ENONCE, C'EST

   PRECISEMENT LE DIEU TROMPEUR OU LE MALIN GENIE. DESCARTES REJETTE 

   IMMEDIATEMENT L'HYPOTHESE DU DIEU TROMPEUR, PARCE QUE JE PEUX,

  IMMEDIATEMENT DU DIEU TROMPEUR, ME TROMPER. MAIS COMME DANS LE DIALOGUE

  QU'IL INSTAURE AVEC LUI-MÊME, IL Y A MALGRE TOUT  UNE INSTANCE QUI INDUIT L'EGO EN

  ERREUR, ALORS IL FAUT QUE DESCARTES RENOUVELLE L'HYPOTHESE DU MALIN GENIE A

  TRAVERS L'HYPOTHESE DU DIEU TROMPEUR, COMME EN TEMOIGNE L'ALTERNATIVE

  SUIVANTE : " N'Y A - T- IL POINT QUELQUE DIEU, OU QUELQUE AUTRE PUISSANCE, (i.e; LE

  MALIN GENIE ?) QUI ME MET EN L'ESPRIT CES PENSEES ? " CAR, A LA DIFFERENCE DE DIEU

  QUI NE PEUT SE TROMPER, SAUT A  NE PAS L' ÊTRE, LE MALIN GENIE PEUT, QUANT A LUI, LE

  FAIRE, PUISQU'IL EST MALICIEUX ET RUSE. TOUTEFOIS, IL CONVIENT, AVANT D'EXAMINER 

  LE RENOUVELLEMENT DE L'HYPOTHESE DU MALIN GENIE A TRAVERS L'HYPOTHESE DU 

  DIEU TROMPEUR. A CONDITION DE SE DEMANDER D'ABORD, COMMENT UN TEL REJET

  ADVIENT-IL CHEZ DESCARTES ? TOUT SIMPLEMENT A TRAVERS L'IDEE DE LA CAPACITE DE

  L'HOMME A PRODUIRE PAR LUI-MÊME ET EN LUI-MÊME LA REPRESENTATION, A CÔTE DES

  CHOSES INCERTAINES, D' UNE CHOSE ABSOLUMENT INDUBITABLE. EN EFFET, S '

  INTERROGE DESCARTES,  " MOI DONC A TOUT LE MOINS NE SUIS - JE PAS QUELQUE CHOSE

 ? " AUTREMENT DIT, UNE CHOSE INDUBITABLE QUI SE DEMARQUE EN RAISON DE SON

  CARACTERE INDUBITABLE DE TOUTES LES CHOSES QUI DEMEURENT SOUMISES AU

 DOUTE. LA REPONSE QUI DEMEURENT SOUMISES AU DOUTE. LA REPONSE A UNE TELLE

 INTERROGATION SE REVELE DELICATE DANS LA MESURE OU DESCARTES  A CRU DEVOIR

 ALLEGUER LA NEGATION DES SENS ET DU CORPS. EN EFFET, PAREILLE ALLEGATION LE

 PLONGE AUSSITÔT DANS L'EMBARRAS. "  J'HESITE NEANMOINS, CAR QUE S'ENSUIT-IL DE LA

 ? SUIS-JE TELLEMENT DEPENDANT DU CORPS ET DES SENS, QUE JE NE PUISSE ÊTRE SANS

  EUX ? "  TOUTEFOIS, L' EMBARRAS S'AVERE SEULEMENT PASSAGER, PUISQUE DESCARTES

  REAFFIRME AUSSITÔT LA THESE DU DOUTE. UN DOUTE QUI VA DESORMAIS SI LOIN QU'IL

  DEVIENT  " HYPERBOLIQUE " . EN EFFET, IL RESTE PERSUADE   " QU' IL N'Y AVAIT AUCUN

  CIEL, AUCUNE TERRE, AUCUN ESPRIT, NI AUCUN CORPS " . MAIS ALORS, S' IL N'Y A RIEN, NI

  CIEL, NI TERRE, NI ESPRIT, NI CORPS, IL FAUT IMMEDIATEMENT CONCLURE QUE

  DESCARTES AUSSI N'EST PAS, QU'IL N'EXISTE PAS. CAR EN S'ETANT PERSUADE QU'IL N'Y

  AVAIT RIEN, NI CIEL, NI TERRE, NI ESPRIT, NI CORPS,  " NE ME SUIS-JE DONC PAS AUSSI

  PERSUADE QUE JE N'ETAIS POINT ?  " APPARAISSENT, A CE MOMENT DE LA DEMARCHE

  CARTESIENNE, DEUX ENONCES MAJEURS. UN PREMIER ENONCE QUI S 'ANNONCE COMME

  UNE ANTICIPATION ET UNE ESQUISSE DU COGITO. EN EFFET, REPONDANT A LA QUESTION

  DE SAVOIR SI LE DOUTE  " HYPERBOLIQUE "  N'IMPLIQUE PAS LA NEGATION DE SON ÊTRE, 

  COMME IL IMPLIQUE LA NEGATION DE TOUTES CHOSES, DESCARTES AFFIRME :  " NON,

  CERTES, J'ETAIS SANS DOUTE, SI JE ME SUIS PERSUADE, OU SEULEMENT SI J'AI PENSE

  QUELQUE CHOSE ". CET ENONCE CONSTITUE SIMULTANEMENT UNE ANTICIPATION ET UNE

  ESQUISSE DU COGITO DANS LA MESURE OU IL INSTAURE UNE CORRELATION ENTRE LA

  PENSEE ET L' ÊTRE. EN EFFET, DESCARTES AFFIRME EXPLICITEMENT QU'IL EST, C'EST - A -

  DIRE QU'IL EXISTE DANS L'HYPOTHESE ET SEULEMENT DANS L'HYPOTHESE OU IL PENSE

  QUELQUE CHOSE. UN ENONCE QUI PROCEDE AU RENOUVELLEMENT DE L'HYPOTHESE DU

  MALIN GENIE A TRAVERS L'HYPOTHESE DU DIEU TROMPEUR. SI LA PREMIERE OCCURENCE

  DE L'HYPOTHESE DU DIEU TROMPEUR ADVIENT DANS LA MEDITATION SECONDE -   " N'Y

  A-T-IL POINT QUELQUE DIEU, OU QUELQUE AUTRE PUISSANCE, QUI ME MET EN L'ESPRIT

  CES PENSEES, (i.e SELON LESQUELLES  " S'IL N'Y A POINT QUELQUE AUTRE CHOSE 

  DIFFERENTE DE CELLES QUE JE VIENS DE JUGER INCERTAINES, DE LAQUELLE ON NE

  PUISSE AVOIR LE MOINDRE DOUTE ? " ), EN REVANCHE, LA PREMIERE  APPARITION DE L'

  HYPOTHESE DU MALIN GENIE SE TROUVE DANS LA   " MEDITATION PREMIERE  ". EN EFFET,

  DESCARTES EVOQUE LE MALIN GENIE A L'OCCASION DE L'INSTAURATION DU DOUTE.  " JE

  SUPPOSERAI DONC QU'IL Y A, NON POINT UN VRAI DIEU, QUI EST LA SOUVERAINE SOURCE

  DE VERITE, MAIS UN CERTAIN MAUVAIS GENIE, NON MOINS RUSE ET TROMPEUR QUE 

  PUISSANT, QUI A EMPLOYE TOUTE SON INDUSTRIE A ME TROMPER " . LE RENOUVELLEMENT

  DE L'HYPOTHESE DU MALIN GENIE A TRAVERS L'HYPOTHESE DU DIEU TROMPEUR S'OPERE

  DANS LA  MEDITATION SECONDE . ET ELLE S'Y OPERE NON SEULEMENT AU MOYEN DE

  L'ALTERNATIVE -  " QUELQUE DIEU, OU QUELQUE AUTRE PUISSANCE  " -  MAIS ENCORE AU

  MOYEN DE LA CONJONCTION DES ATTRIBUTS DU DIEU TROMPEUR  ET DU MALIN GENIE. EN

  EFFET, A LA NOTION DE DIEU, DESCARTES ADJOINT LA TROMPERIE AU MOTIF QU'IL " Y A

  LONGTEMPS QUE J'AI DANS MON ESPRIT UNE CERTAINE OPINION, QU4IL Y A UN DIEU QUI

  PEUT TOUT (...) IL SE PEUT FAIRE QU'IL AIT VOULU QUE JE ME TROMPE... " EN REVANCHE, A

  LA NOTION DE MALIN GENIE, IL ATTRIBUE NON SEULEMENT LA TROMPERIE, MAIS ENCORE

  ET SURTOUT LA RUSE . " JE PRENDRAI GARDE SOIGNEUSEMENT DE NE POINT RECEVOIR 

  EN MA CROYANCE AUCUNE FAUSSETE, ET PREPARERAI SI BIEN MON ESPRIT A TOUTES LES

  RUSES DE CE GRAND TROMPEUR, QUE, POUR PUISSANT ET RUSE QU'IL SOIT, IL NE ME

  POURRA JAMAIS RIEN IMPOSER " . IL Y A CONJONCTION DES PREDICATS DU DIEU

  TROMPEUR ET DU MALIN GENIE, DES LORS QUE DESCARTES ATTRIBUE AU DIEU TROMPEUR

  LA RUSE. DE SORTE QU' IL AFFIRME DESORMAIS " QU'IL Y A UN JE NE SAIS QUEL TROMPEUR

  TRES PUISSANT ET TRES RUSE, QUI EMPLOIE TOUTE SON INDUSTRIE A ME TROMPER

  TOUJOURS "  . L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO S'ELABORE PRECISEMENT EN GUISE DE

  REPONSE A LA DOUBLE HYPOTHESE DU DIEU TROMPEUR ET DU MALIN GENIE MÊME SI 

  L'HYPOTHESE DU MALIN GENIE SE RENOUVELLE SEULEMENT A TRAVERS L'HYPOTHESE DU

  DIEU TROMPEUR. EN EFFET, DESCARTES AFFIRME, AFIN DE CONTREDIRE A LA THESE DE

  L'IRREALITE ET DE L'INEXISTENCE DE TOUTES CHOSES EN RAISON DU DOUTE QUI LES

  AFFECTE,   " QU' IL N'Y A POINT DE DOUTE QUE JE SUIS, S'IL ME TROMPE ; ET QU' IL ME

  TROMPE TANT QU'IL VOUDRA, IL NE SAURAIT JAMAIS FAIRE QUE JE NE SOIS RIEN, TANT

  QUE JE PENSERAI ÊTRE QUELQUE CHOSE  " . AUTREMENT DIT, LA PENSEE D' ÊTRE

  QUELQUE CHOSE, LA PENSEE DE L'ÊTRE INHERENTE A L'EGO LE PRESERVE DU NEANT,

  PUISQUE NULLE TROMPERIE AUSSI FREQUENTE SOIT-ELLE NE PEUT L'EMPÊCHER D'ÊTRE.

  AINSI, DESCARTES EST-IL CONDUIT A CONCLURE QUE  " CETTE PROPOSITION ; JE SUIS,

 J'EXISTE, EST NECESSAIREMENT VRAIE, TOUTES LES FOIS QUE JE LA PRONONCE, OU QUE

 JE LA CONCOIS EN MON ESPRIT "  . LA PROPOSITION   " JE SUIS, J'EXISTE " QUE FORMULE

  ICI DESCARTES, S'OFFRE COMME LA PREMIERE OCCURENCE DE L' ENONCE IMMEDIAT DU

 COGITO. DE SORTE QUE PLUSIEURS QUESTIONS SE POSENT A SON SUJET. ET D'ABORD, LA

 QUESTION RELATIVE A SA QUALITE D'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO. POURQUOI L'ENONCE 

   " JE SUIS, J'EXISTE  " APPARAÎT-IL IMMEDIAT AU REGARD DE L'ENONCE COURANT DU

  COGITO ? PRECISEMENT PARCE QUE CET ENONCE SE SOUSTRAIT AUX DIFFICULTES QUI

  S'ATTACHENT A L'ENONCE COURANT  -   " JE PENSE, DONC JE SUIS " . LA PREMIERE

  DIFFICULTE DU COGITO CONSISTE EN L'ASSIMILATION DE L ' ENONCE COURANT  " JE

  PENSE, DONC JE SUIS  " A UN SYLLOGISME. PAREILLE DIFFICULTE, DESCARTES L'A

  RELEVEE A PLUSIEURS REPRISES ET S'EST TOUJOURS APPLIQUEE A LA RESOUDRE.

  TOUTEFOIS, LA DIFFICULTE RELATIVE AU CARACTERE NON-SYLLOGISTIQUE OU A TOUT LE

  MOINS DEDUCTIF DU COGITO  SE POSE POUR L'ENONCE COURANT DU COGITO EN RAISON

  DU STATUT D'INFERENCE QU'IL PARAÎT DEVOIR POSSEDER. EN EFFET, DANS LES  "

 REPONSES AUX CINQUIEMES OBJECTIONS, DESCARTES RECOURT EXPLICITEMENT A LA 

 NOTION D'INFERENCE POUR APPREHENDER LE RAPPORT QUI SE TISSE ENTRE LA PENSEE

 ET L' ÊTRE . LE CONTEXTE DANS LEQUEL IL ELABORE LA NOTION D'INFERENCE POUR

 DETERMINER LE RAPPORT ENTRE LA PENSEE ET L'ÊTRE EST CELUI DE L'ABSENCE DE 

 TOUTE RELATION ENTRE L'ACTION DE SE PROMENER ET L'ACTION D'ÊTRE. SAUF A

 REVENDIQUER DANS L'ACTION DE SE PROMENER LA DIMENSION DE LA PRISE DE 

 CONSCIENCE DE CETTE ACTION, CE QUI EQUIVAUT A EN ACQUERIR UNE CERTAINE

 CONNAISSANCE ET DONC A LA PENSER. EN EFFET,   " CETTE CONNAISSANCE NE SERAIT

 PAS BONNE :  " JE ME PROMENE, DONC JE SUIS, SINON EN TANT QUE LA CONNAISSANCE

 INTERIEURE QUE J' EN AI EST UNE PENSEE, DE LAQUELLE SEULE CETTE CONCLUSION EST

 CERTAINE " . L' ACTION DE SE PROMENER NE PEUT, SEULE, CONDUIRE A L' ÊTRE, C'

 EST-A-DIRE A L'EXISTENCE DE L'EGO QUI SE PROMENE. CAR IL S'AGIT ALORS DU  "

 MOUVEMENT DU CORPS, LEQUEL PARFOIS PEUT ÊTRE FAUX, COMME DANS NOS SONGES,

 QUOIQU'IL NOUS SEMBLE ALORS QUE NOUS NOUS PROMENIONS " . EN REVANCHE,

 AUSSITÔT QUE L'ACTION DE ME PROMENER S ' ACCOMPAGNE D'UNE QUELCONQUE

 REFLEXION , C'EST-A-DIRE D'UNE PENSEE Y AFFERENTE  "  DE FACON QUE DE CE QUE JE

 PENSE ME PROMENER JE PUIS FORT BIEN INFERER L'EXISTENCE DE MON ESPRIT, QUI A

 CETTE PENSEE, MAIS NON CELLE DE MON CORPS, LEQUEL SE PROMENE " . DESCARTES

 PRENDS BIEN SOIN DE PRECISER QU ' IL INFERE DE LA PENSEE INHERENTE A L'ACTION DE 

 SE PROMENER QU' ACCOMPLIT L'EGO, NON PAS LE CORPS, MAIS SEULEMENT L'ESPRIT DE 

 L'EGO. LES DEUX THESES A L'OEUVRE DANS  " LES REPONSES AUX CINQUIEMES

 OBJECTIONS " A SAVOIR LE RAPPORT DE LA PENSEE A L'ÊTRE COMME RAPPORT 

 D'INFERENCE ET L'INFERENCE DE L'ÊTRE DE LA PENSEE COMME INFERENCE DE L'EGO ET 

 NON DE SON CORPS, DESCARTES LES RAPPELLE DANS LA LETTRE DE NOVEMBRE 1640 A

 ***, CE DERNIER VIENT DE DECOUVRIR CHEZ SAINT AUGUSTIN DES ENONCES QUI

 PARAISSENT SI PROCHES DU COGITO CARTESIEN, QUE L' ON A CRU DEVOIR, PAR LA SUITE,

 LES SAISIR COMME DES   " ANTECEDENTS HISTORIQUES DU  " JE PENSE, DONC JE SUIS "

 .    "  VOUS M'AVEZ OBLIGE DE M'AVERTIR DU PASSAGE DE SAINT AUGUSTIN, AUQUEL, MON  " 

 JE PENSE DONC JE SUIS A QUELQUE RAPPORT ; JE L'AI ETE LIRE AUJOURDH'HUI EN LA

 BIBLIOTHEQUE DE CETTE VILLE, ET JE ME TROUVE VERITABLEMENT QU'IL S'EN SERT POUR

 PROUVER LA CERTITUDE DE NOTRE ÊTRE, ET ENSUITE POUR FAIRE VOIR QU'IL Y A EN NOUS

 QUELQUE IMAGE DE LA TRINITE, EN CE QUE NOUS SOMMES, NOUS SAVONS QUE NOUS

 SOMMES, ET NOUS AIMONS CET ÊTRE ET CETTE SCIENCE QUI EST EN NOUS ; AU LIEU QUE

 JE M'EN SERS POUR FAIRE CONNAÎTRE QUE CE MOI, QUI PENSE, EST UNE SUBSTANCE

 IMMATERIELLE, NE SAURAIT DEPENDRE DE SAINT AUGUSTIN RELATIVEMENT A L'INVENTION

 DU COGITO. CAR L' IDEE D'INFERER L' ÊTRE DU DOUTE, C'EST-A-DIRE DE LA PENSEE 

 APPARAÎT SI EVIDENTE ET ELLE SE REVELE EN OUTRE COMME  "  UNE CHOSE QUI DE SOI

 EST SI SIMPLE ET SI NATURELLLE A INFERER, QU'ON EST, DE CE QU'ON DOUTE, QU' ELLE

 AURAIT PU TOMBER SOUS LA PLUME DE QUI QUE CE SOIT  " . SANS DOUTE, L'ENONCE

 COURANT DU COGITO SE DECHIFFRE-T-IL COMME LE LIEU DES PRINCIPALES DIFFICULTES

 DU COGITO QUI RESSORTISSENT AU STATUT DE DEDUCTION ET, PAR CONSEQUENT,

 D'INFERENCE DU COGITO. MAIS CES DIFFICULTES, QUI CULMINENT DANS L'APPREHENSION

 DU COGITO COMME UN SYLLOGISME, S' EFFACENT AUSSITÔT QUE L'ON DELAISSE L'ENONCE

 COURANT DU COGITO, POUR L'ENONCE IMMEDIAT. CAR LA LETTRE DE L'ENONCE IMMEDIAT

 DU COGITO - JE SUIS, J'EXISTE - N'INVITE NULLEMENT A UNE QUELCONQUE DEDUCTION, ET

 ENCORE MOINS A UN IMPROBABLE SYLLOGYSME. NE SERAIT-CE QUE PARCE QU'UN TEL

 ENONCE, QUI S'OFFRE COMME VRAI, NE SE PROUVE QU'EN S'EPROUVANT. AUTREMENT DIT,

 LA VERITE DE L'ENONCE , - JE SUIS , J'EXISTE, EST NECESSAIREMENT VRAIE, TOUTES LES

 FOIS QUE JE LA PRONONCE, OU QUE JE LA CONCOIS EN MON ESPRIT " . LA SECONDE

 DIFFICULTE DU COGITO NE PORTE PARADOXALEMENT PAS SUR L'ENONCE COURANT DU

 COGITO, MAIS BIEN SUR L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO - JE SUIS, J'EXISTE. ELLE

 S'ENRACINE DANS LE REDOUBLEMENT OU PLUTÔT LA DUALITE A LAQUELLE DONNE LIEU

 L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO. COMMENT COMPRENDRE UNE TELLE DUALITE ? POUR LA

 COMPRENDRE, IL FAUT PENSER LA DIFFERENCE QUI S'INSTITUE ENTRE L'ÊTRE ET

 L'EXISTENCE, ENTRE L'ESSE ET L'EXISTERE. A TENTER DE PENSER CETTE DIFFERENCE,

 FORCE EST DE RECONNAÎTRE QU'ELLE PROCEDE DE LA DIFFERENCE QUI S'ETABLIT ENTRE

 L'ESSENCE ET L'EXISTENCE, ENTRE L'ESSENTIA ET L'EXISTENTIA. CAR PAREILLE

 DIFFERENCE, LOIN DE LIMITER SES OCCURRENCES A L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO

 DANS LA  " MEDITATION SECONDE " EST ENCORE A L'OEUVRE DANS LA   " MEDITATION

 CINQUIEME "  LORS DE L'INSTAURATION DE LA PREUVE ONTOLOGIQUE DE L'EXISTENCE DE

 DIEU. EN  EFFET,  " AYANT ACCOUTUME DANS TOUTES LES AUTRES CHOSES DE FAIRE

 DISTINCTION ENTRE L'EXISTENCE ET L'ESSENCE, JE ME PERSUADE AISEMENT QUE

 L'EXISTENCE PEUT - ÊTRE SEPAREE DE L'ESSENCE DE DIEU, ET QU'AINSI ON PEUT

 CONCEVOIR DIEU COMME N'ETANT PAS ACTUELLEMENT " . MAIS L'IDEE D'UNE SEPARATION

 EN DIEU DE L'ESSENCE ET DE L'EXISTENCE, AUTREMENT DIT L'IDEE D'UN DIEU, QUI NE

 SERAIT QU'ESSENCE, C'EST-A-DIRE UN CONCEPT VIDE OU ENCORE UNE SIMPLE

 REPRESENTATION, DISPARAÎT AUSSITÔT QU'ELLE APPARAÎT . CAR  " LORSQUE J'Y PENSE

 AVEC PLUS D' ATTENTION, JE TROUVE MANIFESTEMENT QUE L'EXISTENCE NE PEUT NON

 PLUS ÊTRE SEPAREE DE L' ESSENCE DE DIEU, QUE DE L' ESSENCE D'UN TRIANGLE

 RECTILIGNE LA GRANDEUR DE SES TROIS ANGLES EGAUX A DEUX DROITS, OU BIEN DE

 L'IDEE D'UNE MONTAGNE L'IDEE D'UNE VALLEE ; EN SORTE QU'IL N' Y A PAS MOINS DE

 REPUGNANCE DE CONCEVOIR UN DIEU (C'EST-A-DIRE UN ÊTRE SOUVERAINEMENT PARFAIT)

 AUQUEL MANQUE L'EXISTENCE (C'EST-A-DIRE AUQUEL MANQUE QUELQUE PERFECTION),

 QUE DE CONCEVOIR UNE MONTAGNE QUI N'AIT POINT DE VALLEE ". SI L'ENONCE IMMEDIAT

 DU COGITO - JE PENSE, J'EXISTE - RELEVE, DANS SON ECONOMIE DISCURSIVE, DE LA

 DIFFERENCE DE L'ESSENCE ET DE L'EXISTENCE QUI RESSORTIT, QUANT A ELLE, A LA

 PREUVE ONTOLOGIQUE DE L'EXISTENCE DE DIEU EN LAQUELLE L'EXISTENCE NE PEUT

 ÊTRE SEPAREE DE L' ESSENCE EN DIEU. QUE SIGNIFIE ALORS LA DUALITE - JE SUIS,

 J'EXISTE, EGO SUM, EGO EXISTO ? JE SUIS, QUI PROCEDE DE L' ÊTRE, SIGNIFIE ÊTRE

 QUELQUE CHOSE, JE SUIS - EGO SUM - S'OPPOSE EN TANT QUE  " JE SUIS QUELQUE CHOSE

 A JE NE SUIS RIEN - EGO SUM NIHIL. MAIS COMME IL N'Y A AUCUN SENS A DIRE QUE  " JE NE

 SUIS RIEN, ALORS JE SUIS - EGO SUM - SIGNIFIE PLUTÔT JE SUIS QUELQUE CHOSE OU JE NE

 SUIS PAS RIEN - EGO NON SUM NIHIL. QU'AJOUTE A L'EXISTENCE, C'EST-A-DIRE A L'ENONCE

 JE SUIS - EGO SUM - QUI S'ENTEND, ON L'A VU, COMME JE SUIS QUELQUE CHOSE - L'ENONCE

 J'EXISTE EGO EXISTO ? IL AJOUTE A L'EXISTENCE FORMELLE, C' EST-A-DIRE INDETERMINEE

 DU  " JE SUIS (QUELQUE CHOSE) LA REALITE DE L'EXISTENCE. DE SORTE QUE L'ENONCE

 J'EXISTE - EGO EXISTO CONSACRE L'EXISTENCE VERITABLE AU REGARD DE L'EXISTENCE

 INCHOATIVE INHERENTE A L'ENONCE JE SUIS, PUISQU' IL FAUT COMPLETER UN TEL ENONCE

 PAR LE PREDICAT  " QUELQUE CHOSE ". EVOQUANT ENCORE UNE FOIS, DANS LA  "

 MEDITATION SECONDE  " , L' HYPOTHESE DU MALIN GENIE, DESCARTES SE POSE A

 LUI-MÊME CETTE QUESTION CRUCIALE :  " MAIS MOI, QUI SUIS-JE ? " CETTE QUESTION, A

 LAQUELLE IL A FINI PAR FOURNIR DANS LES   " MEDITATIONS " LA MÊME REPONSE QUE

 DANS LE  " DISCOURS DE LA METHODE " ? S'ETAIT DEJA IMPOSEE A SA REFLEXION, SOUS

 UNE FORME, CERTES NON INTERROGATIVE, MAIS BIEN REELLE DANS LE  " DISCOURS DE LA

 METHODE ". OR, A CETTE QUESTION, IL AVAIT REPONDU DE MANIERE ENIGMATIQUE : " CE

 MOI, C'EST-A-DIRE L'ÂME PAR LAQUELLE JE SUIS CE QUE JE SUIS ". SANS DOUTE

 CONNAÎT-ON LE SENS DE LA REPONSE A LA QUESTION DE DESCARTES, CAR L'ÂME QUI SE

 CONFOND, A SES YEUX, AVEC L'EGO, EST APPREHENDEE COMME  " ENTIEREMENT

 DISTINCTE DU CORPS, ET MÊME (...)  PLUS AISEE A CONNAÎTRE QUE LUI  " . MAIS CE QU'ON

 IGNORE OU DU MOINS CE DONT ON NE PARLE PAS, CE QUI DEMEURE ASSUREMENT

 ENIGMATIQUE, C'EST L'ORIGINE DE LA FORMULE DE DESCARTES - JE PENSE CE QUE JE

 SUIS. IL FAUT DONC ROMPRE LE SILENCE SUR CETTE ENIGME QUE REPRESENTE LA

 FORMULE CARTESIENNE - JE SUIS CE QUE JE SUIS. LA FORMULE CARTESIENNE - JE SUIS CE

 QUE JE SUIS - QUI EXPLICITE POUR AINSI DIRE LES DEUX ENONCES DU COGITO, DONC 

 AUSSI BIEN " JE PENSE, DONC JE SUIS  " QUE  "  JE SUIS, J'EXISTE, S'ORIGINE EN  " EXODE "

 3,14, PRECISEMENT DANS L'EPISODE DU  " BUISSON ARDENT " QUI FONDE LA REVELATION 

 COMME INSTAURATION D'UN RAPPORT DIRECT ENTRE L'HOMME ET DIEU. PAREIL RAPPORT

 QUI, LOIN DU MONOLOGUE ORDINAIRE DE LA PRIERE, S'ENTEND COMMME UN VERITABLE

 DIALOGUE ENTRE DIEU ET MOÏSE. UN DIALOGUE QUI CULMINE DANS LA QUESTION

 QU'ADRESSE MOÏSE A DIEU. UNE QUESTION QUI EST, EN REALITE, LA QUESTION QUE TOUS

 LES ENFANTS D' ISRAËL ADRESSENT, A TRAVERS MOÏSE, A DIEU ; " S'ILS ME DEMANDENT

 QUEL EST SON NOM, QUE LEUR REPONDRAI-JE ? DIEU DIT ALORS A MOÏSE : " JE SUIS CELUI

 QUI SUIS " IL POURSUIT :  " VOICI CE QUE TU DIRAS AUX ISRAELITES :  " JE SUIS " M' A

 ENVOYE VERS VOUS " . DANS L'EVANGILE SELON SAINT JEAN, JESUS REITERE LA PAROLE

 DIVINE SUR LA QUESTION DE SON NOM. SEULEMENT , DE LA DOUBLE PAROLE DIVINE : " JE

 SUIS CELUI QUI SUIS  " ET   "JE SUIS " , JESUS NE RETIENT QUE LA SECONDE PAROLE : " JE

 SUIS  "   " JESUS LEUR REDIT ENCORE : (...) EN EFFET, SI VOUS NE CROYEZ PAS QUE  " MOI,

 JE SUIS " ,  VOUS MOURREZ DANS VOS PECHES. "  " TOI, QUI ES-TU ?  "  LUI DIRENT-ILS.

 JESUS LEUR REPONDIT (...) :  " QUAND VOUS AUREZ ELEVE LE FILS DE L'HOMME, ALORS

 VOUS RECONNAÎTREZ QUE   " MOI, JE SUIS " (...)  " EN VERITE, EN VERITE, JE VOUS LE DIS,

 AVANT QU' ABRAHAM SOIT NE, JE SUIS ".  ENTRE L'ENONCE DE L'ANCIEN TESTAMENT ET

 L'ENONCE DU NOUVEAU TESTAMENT, UNE DIFFERENCE SE FAIT JOUR DANS LA LETTRE D'UN

 ENONCE DONT LE SENS PARAÎT DEVOIR ÊTRE UNIVOQUE. EN EFFET, DANS L'ANCIEN 

 TESTAMENT, A LA QUESTION DE SAVOIR QUI IL EST, DONC A LA QUESTION DE SON NOM,

 DIEU REPOND : " JE SUIS CELUI QUI SUIS " (SUM QUI SUM). DANS LE NOUVEAU TESTAMENT, A

 LA MÊME QUESTION, C'EST-A-DIRE A LA QUESTION DE SON IDENTITE, JESUS DIT

 SIMPLEMENT : " JE SUIS " (EGO SUM). CETTE DIFFERENCE, QUI APPARAÎT COMME LA

 DIFFERENCE ENTRE L'AFFIRMATION DE L'ÊTRE ET LE REDOUBLEMENT DE L'AFFIRMATION

 DE L'ÊTRE, N'EST PAS SEULEMENT A L'OEUVRE DANS LA METAPHYSIQUE CARTESIENNE,

 MAIS ELLE PERMET ENCORE DE MARQUER LA DISTANCE QUI S'INSTITUE DANS LA

 METAPHYSIQUE CARTESIENNE ENTRE LE DISCOURS DE LA METHODE ET LES MEDITATIONS

 RELATIVEMENT A LA COMPREHENSION DU COGITO. EN EFFET, SI LE DISCOURS DE LA

 METHODE REPETE EN QUELQUE SORTE L'ENONCE DE L'ANCIEN TESTAMENT -  " JE SUIS

 CELUI QUI SUIS " , LES MEDITATIONS REITERENT, QUANT A ELLES, L'ENONCE DU NOUVEAU

 TESTAMENT - " JE SUIS ". TOUTEFOIS, LA DOUBLE REPETITION CARTESIENNE DU RECIT

 BIBLIQUE NE SAURAIT CONDUIRE A UNE IDENTITE DE SENS ENTRE LES ENONCES

 METAPHYSIQUES CARTESIENS. PRECISEMENT PARCE QUE L'ENJEU DE CES ENONCES

 FORMELLEMENT SIMILAIRES CHANGE DU RECIT BIBLIQUE A LA METAPHYSIQUE

 CARTESIENNE. IL EST POSSIBLE D'INTERPRETER L'ENONCE DE L'ANCIEN TESTAMENT -  JE

 SUIS CELUI QUI SUIS COMME L'ANNONCIATION DU MESSIE, ET L' ENONCE DU NOUVEAU

 TESTAMENT - JE SUIS COMME LA PREMIERE VERITE DANS L'ORDRE DE LA CONNAISSANCE,

 SI L'ON S'ACCORDE SUR UNE TELLE INTERPRETATION, FORCE EST ALORS D'ADMETTRE

 QUE LES ENONCES BIBLIQUES DIFFERENT DU POINT DE VUE DU SENS DES ENONCES

 METAPHYSIQUES CARTESIENS. MÊME SI L'ENONCE - JE SUIS POSSEDE LE MÊME SENS DANS

 LE RECIT BIBLIQUE ET DANS LA METAPHYSIQUE CARTESIENNE. A SAVOIR LE SENS DE

 PREMIERE VERITE ET , PAR CONSEQUENT DE PREMIER PRINCIPE DE LA CONNAISSANCE. DE

 SORTE QUE LA DIFFERENCE DE SENS ENTRE LA METAPHYSIQUE CARTESIENNE ET LE

 RECIT BIBLIQUE NE PORTE QUE SUR L'ENONCE  " JE SUIS CELUI QUI SUIS " ? QUI S' ENTEND

 COMME L'ANNONCIATION ET L'ATTENTE DU MESSIE DANS LA PERSPECTIVE BIBLIQUE,

 ALORS QU'IL NE VISE CHEZ DESCARTES QU' A RENDRE RAISON DE L'EGO IDENTIFIE A L'

 ÂME. LOIN DE METTRE FIN AUX DIFFICULTES DU COGITO, LOIN DE DISSIPER L'OBSCURITE Y

 RELATIVE, LA CIRCONSCRIPTION DE L'ORIGINE BIBLIQUE DES DIFFERENTS ENONCES DU

 COGITO, LA DETERMINATION DE SON SENS ET LE DEVOILEMENT DE SON ENJEU LAISSENT I

 INTACTE L'AMBIGUÏTE INHERENTE AU COGITO. UNE AMBIGUÏTE SEULEMENT AFFERENTE A 

 LA FORME IMMEDIATE DU COGITO - JE SUIS, J'EXISTE. CETTE AMBIGUÏTE CONFINE MÊME AU

 PARADOXE. CAR ELLE RENVOIE A L' ABSENCE DU TERME COGITO DANS LA THESE DU

 COGITO . EN EFFET, DANS L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO - EGO SUM, EGO EXISTO, LE

 TERME COGITO DEMEURE ETRANGEMENT ABSENT EN RAISON DE SON OCCULTATION A

 TRAVERS L'AFFIRMATION IMMEDIATE DE L' ÊTRE ET DE L'EXISTENCE - JE SUIS, J' EXISTE.

 TOUTEFOIS, SI UN TEL PARADOXE EST REEL POUR LA PREMIERE OCCURENCE DE

 L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO DANS LES MEDITATIONS, IL S'AVERE EN REVANCHE MOINS

 EVIDENT POUR LA SECONDE OCCURENCE DU COGITO.  L'ACTE DE PENSER QUI S'EFFACE

 DE LA PREMIERE OCCURENCE DE L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO, REAPPARAÎT POURTANT

 DANS LA SECONDE OCCURENCE DU COGITO DES MEDITATIONS. IL CONSISTE EN LA MISE EN

 MOUVEMENT DE L' ÂME A TRAVERS LA DISTINCTION DE SES ATTRIBUTS. DESCARTES

 COMMENCE PAR SAISIR L'ACTION DE SE NOURRIR ET DE MARCHER COMME DES ATTRIBUTS

 DE L'ÂME.  " MAIS S'IL EST VRAI QUE JE N'AIE POINT DE CORPS, IL EST VRAI AUSSI QUE JE

 NE PUIS MARCHER NI ME NOURRIR " . RESTE ALORS DEUX ATTRIBUTS QUI NE RELEVENT

 PLUS DU TRAVAIL DU CORPS, COMME L'ACTION DE SE NOURRIR ET L'ACTION DE MARCHER,

 MAIS DU TRAVAIL DE L' ÂME. TELLES SONT LES ACTIONS DE SENTIR ET DE PENSER.

 TOUTEFOIS, L'ACTION DE SENTIR NE RESISTE PAS A L'EXAMEN, PUISQUE L'EXPERIENCE DU

 SOMMEIL LA RUINE.  " J'AI PENSE SENTIR AUTREFOIS PLUSIEURS CHOSES PENDANT LE

 SOMMEIL, QUE J' AI RECONNU A MON REVEIL N'AVOIR POINT EN EFFET SENTIES " . A

 L'OPPOSE DU SENTIR QUI PEUT SE REVELER ÊTRE UNE ILLUSION, LE PENSER APPARAÎT

 CONSTITUTIF DE L'EGO. D'AUTANT PLUS  " QU' ELLE SEULE NE PEUT ÊTRE DETACHEE DE

 MOI " . L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO PEUT ALORS ÊTRE PROFERE :  " JE SUIS , J'EXISTE ".

 DESCARTES CROIT DEVOIR AJOUTER :  " CELA EST CERTAIN ; MAIS COMBIEN DE TEMPS ? A

 SAVOIR, AUTANT DE TEMPS QUE JE PENSE  " . LA REPONSE A CETTE QUESTION S'AVERE

 DECISIVE, PUISQU'ELLE MARQUE, PAR LE RECOURS A LA PENSEE, UNE CESURE ENTRE LES

 DEUX OCCURENCES DE L' ENONCE IMMEDIAT DU COGITO. LA PREMIERE OCCURENCE DE

 L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO OCCULTAIT, LORS DE SA MISE EN OEUVRE, TOUTE

 REFERENCE A LA PENSEE, SE BORNANT A LIER LA CERTITUDE DU COGITO A SA SEULE

 PROFERATION OU, A TOUT LE MOINS, A SA CONCEPTION DANS L'ESPRIT. AU CONTRAIRE, LA

 SECONDE OCCURENCE DE L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO SUBORDONNE SON

 INSTAURATION ET SA PERENNITE A LA PENSEE.  " CAR PEUT-ÊTRE SE POURRAIT-IL FAIRE, SI

 JE CESSAIS DE PENSER, QUE JE CESSERAIS EN MÊME TEMPS D'ÊTRE OU D'EXISTER ". QU'

 ON NE SE TROMPE PAS CEPENDANT SUR LE CARACTERE HYPOTHETIQUE DE LA

 CORRELATION DE  LA PENSEE ET DE L'ÊTRE OU DE L'EXISTENCE. PAREILLE CORRELATION,

 LOIN D'ÊTRE  INCERTAINE OU CONTINGENTE, S'AVERE EN REALITE NECESSAIRE. COMME

 L'ATTESTE LE LIEN  QUE DESCARTES ETABLIT ENTRE LA DUREE DE L'ÊTRE ET L'EXISTENCE

 DE L'EGO ET LA  DUREE DE SA PENSEE. AUTREMENT DIT,  " JE SUIS,  J'EXISTE  " AUSSI

 LONGTEMPS QUE  " JE  PENSE " . SANS DOUTE L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO NE

 COMPORTE-T-IL AUCUNE  REFERENCE AU COGITO, DE SORTE QUE LE COGITO SE FONDE

 SUR LE PARADOXE ETONNANT  DE L'OCCULTATION DU COGITO. SANS DOUTE

  L'OCCULTATION DU COGITO REPOSE-T-ELLE SUR  LA SUBORDINATION DE L'EXISTENCE A LA

 PENSEE, PUISQUE  " JE SUIS, J'EXISTE  "  SEULEMENT AUSSI LONGTEMPS QUE  " JE PENSE  "

. MAIS EST-IL CERTAIN QUE LA PREMIERE  OCCURENCE DE L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO

  NE RECOURT PAS COMME LA SECONDE OCCURENCE A LA PENSEE  COMME

  L'INSTAURATION DE L'EXISTENCE ? CAR COMMENT ENTENDRE LA THESE QU'ALLEGUE

  CETTE PREMIERE OCCURENCE DE L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO SELON LAQUELLE LA

  CERTITUDE DE L'ÊTRE ET DE L'EXISTENCE DE L'EGO PROCEDE  DE SA PROFERATION OU

  DE SA CONCEPTION ? PEUT-ON L'ENTENDRE AUTREMENT QUE  " JE SUIS, J'EXISTE "

  TOUTES LES FOIS QUE JE  LE PROFERE OU LE CONCOIS EN MON ESPRIT,

  C'EST-A-DIRE LE PENSE ? COMME LE COGITO DEMEURE PRESENT DANS L'ENONCE

  IMMEDIAT DU COGITO QUI EN PRINCIPE L'EXCLUT, COMME IL S'EFFACE COMPLETEMENT DE

  LA LETTRE  DE L'ENONCE IMMEDIAT QUI POURTANT LE PRESUPPOSE, LA QUESTION SE

  POSE DE SAVOIR  POURQUOI DESCARTES CHOISIT-IL CETTE DEMARCHE QUI CONJUGUE

  L'OCCULTATION DU  COGITO ET SA PRESUPPOSITION ? LA REPONSE SE TROUVE DANS LE

  PARTI-PRIS  METAPHYSIQUE DE DESCARTES. UN PARTI- PRIS QUI CONSISTE, EN PASSANT

  DU DISCOURS  DE LA METHODE AUX MEDITATIONS, A DELAISSER L'INFERENCE DE L'ETRE

  DE LA PENSEE, QUI ETAIT A L' OEUVRE DANS  " LE DISCOURS DE LA METHODE ", POUR

  L'EVIDENCE DE L'ÊTRE ET  DE L' EXISTENCE DESORMAIS SAISIS, SELON L'EXPRESSION DE

  JAAKKO HINTIKKA, COMME UNE PERFORMANCE.

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25 janvier 2019

SUR L'EQUIVOCITE DU COGITO CARTESIEN - PROFESSEUR CHARLES THOMAS KOUNKOU - UNIVERSITE DE BRAZZAVILLE (CONGO) - PARTIE 1

 

   S'il y a une thèse qui s'avère emblématique de la métaphysique cartésienne, c'est assurément la thèse du Cogito. Car elle s'offre comme la plus connue de toutes les thèses constitutives de la métaphysique cartésienne. En effet, elle représente la thèse que l'on allègue d'autant plus facilement qu'elle paraît devoir être celle dont se rappelle encore l'énonçé lorsque l'on a oublié toutes les autres. Elle s'avère encore emblématique de la métaphysique cartésienne en raison de son évidence. En effet, chacun s'y réfère toujours sans qu'il ne pense devoir s'interroger sur son énoncé et sur son sens. Tout se passe donc comme si l'énonçé du Cogito était univoque, et que son sens allait de soi conformément à l'évidence de la corrélation qui s'établit entre la pensée et l'être. L' univocité  de l'énoncé du Cogito se révèle en effet indubitable, étant donné que le Cogito possède la même forme et la même signification dans les deux langues où il se dit : " je pense donc je suis ; Ego cogito, ergo sum " . On peut expliquer l'univocité du Cogito par l'identité formelle et sémantique des énonçés qu 'en donnent le  " Discours de la Méthode " , les " Objections " et les   " Réponses ", les " Principes de la philosophie " et  " l'Entretien avec Burman ". A une nuance près, a savoir que dans les  " Objections et les Réponses " , l'énonçé du Cogito change à travers l'alternative de l'être ou de l'existence qu'il déploie. En effet, au lieu de reprendre l"énonçé du " Discours de la Méthode - Je pense, donc je suis "  Descartes propose un énoncé sensiblement différent -  " Je pense, donc je suis, ou j'existe  " . On peut expliquer l'évidence du Cogito par l'immédiateté de la relation qui s'établit entre l'énoncé  " Je pense " et l'énoncé " Je suis " qui s'ensuit. En effet, le Cogito s'instaure en instaurant l'être. Et c'est précisément l'immédiateté du Cogito qui conduit à la certitude qui en émane. En effet, c'est parce que l'expérience du Cogito est directe et immédiate que le Cogito est non seulement certain, mais encore s'annonce comme la certitude première dans le champs de la connaissance. Reste que le Cogito n'est pas univoque, mais équivoque, puisqu'il y a deux énoncés distincts du Cogito. D'abord, l'énoncé de 1637 -  " Je pense, donc je suis "  - que Descartes réitère à plusieurs reprises ; et ensuite , l'énoncé de 1641 qui demeure inchangé à travers ses deux occurrences -  " Ego sum, ego existo " . Les deux énoncés du Cogito apparaissent, d'une part, dans le  " Discours de la Méthode " , les  " Objections et les Réponses " , les  " Principes de la philosophie " et  " l' Entretien avec Burman (premier énoncé). Et, d'autre part, dans les  " Meditationes de Prima Philosophiae (second énoncé).  Nous proposons d'appeler le premier énoncé, l'énoncé courant du Cogito, confomément à sa fréquence dans le corpus cartésien. Toutefois, le caractère courant et, par conséquent, ordinaire du premier énoncé du Cogito ne procède pas seulement de ses nombreuses occurences dans le corpus cartésien, mais d'abord et surtout de la langue non savante, c'est-à-dire ordinaire dans laquelle il se formule initialement. En effet, dans la lettre de mars 1637 à Mersenne, Descartes affirme, relativement à la nature de la langue du  " Discours de la Méthode " qu' " à  cause que j'ai écrit en langue vulgaire " . Par contraste avec l'énoncé courant du Cogito, nous nommons l'autre énoncé du Cogito l'énoncé immédiat du Cogito. Car la rareté de cet énoncé, que l'on découvre uniquement dans les  " Méditations sur la philosophie première ", s'accompagne lors de sa profération d'une vérité si immédiate dans sa construction qu'elle lui permet de se soustraire aux difficultés auxquelles s'expose l'énoncé courant du Cogito. Il convient cependant d'examiner le rapport des " Règles pour la direction de l'esprit " au Cogito, en raison de l'importance de l'ouvrage, avant de procéder à l'analyse respective des conditions de l'invention de l'énoncé courant et de l'énoncé immédiat du Cogito. Alors il sera possible de soumettre à la discussion la dimension performative du Cogito, qu'à établie Jaakko Hintikka, à la lumière des deux énoncés du Cogito

   I - Les règles pour la direction de l'esprit et le cogito

      Même si elles constituent une oeuvre inachevée et n'ont pu, à ce titre, être publiées,  les  " Règles pour la drection de l'esprit " n'en demeurent pas moins une oeuvre majeure dans le corpus cartésien. Car elles se laissent déchiffrer comme l'oeuvre dans laquelle Descartes commence la destruction de l'ontologie d'Aristote fondée, par-delà l'appréhension de l'être en tant qu'être, sur la détermination de la substance (Ousia) comme principe de l'être. Pareille destruction de l'ontologie aristotélicienne n'est entreprise que pour faire place nette à l'ontologie de l' ordre et de la mesure, que Descartes élabore à travers la recherche et l'établissement de la  " Mathesis Universalis ". Et pourtant, dans cette oeuvre majeure de l'entreprise philosophique et scientifique de Descartes manque le Cogito, autrement dit le premier principe de la métaphysique cartésienne. On peut objecter à la thèse de l'absence du Cogito dans les  " Regulae " que, dans le commentaire de la  " Règle III " , Descartes parvient quasiment à la formulation de l'énoncé immédiat du Cogito longtemps avant les  " Méditations ",  lorsqu'il se propose de définir l'intuition dans la perspective de l'instauration d'une connaissance des choses sans risque d'erreur. Une connaissance qui ne peut être possible qu'au moyen de l'intuition et de la déduction. " Par regard (i.e. intuition) je n'entends, ni le témoignage changeant des sens, ni le jugement trompeur de l'imagination qui compose mal ; mais la conception d'un esprit pur et attentif si aisée et si distincte, qu'il ne reste plus aucun doute sur ce, que nous entendons ; ou bien, ce qui est le même, la conception indubitable d'un esprit pur et attentif, qui naît de la seule lumière de la raison, et est plus certaine que la déduction elle-même, parce que plus simple, laquelle nous avons porté plus haut ne pouvoir être mal faite par l'homme " . L'intelligence de l'intuition comme une forme d'appréhension facile et distincte et par là même indubitable, ou encore comme l'acte d'un esprit qui ne dépend que de la lumière de la raison, permet de la penser comme un acte plus simple et plus certain que la déduction. Car la déduction, c'est-à-dire l'inférence, si elle peut être oubliée, ne saurait cependant être ratée lorsqu'on l'accomplit. Et pourtant, l'intuition demeure, en vertu de son immédiateté, plus certaine que la déduction.  " Ainsi chacun peut regarder par l'esprit qu'il existe, qu'il pense, que le triangle est limité par trois lignes seulement, la sphère par une seule surface et choses semblables, qui sont bien plus nombreuses que ne le remarquent communément la plupart, parce qu'ils ne daignent point tourner leur esprit à des choses si faciles " . S'il est clair que l'énoncé  " Chacun peut regarder par l'esprit, qu'il existe, qu'il pense  " anticipe sur la forme immédiate du Cogito, il ne saurait cependant s'y confondre. Car cet énoncé, loin de s'annoncer comme un énoncé fondateur, s'offre seulement comme un énoncé qui rend compte d'une expérience que l'on fait - l'expérience de l'existence et de la pensée. A côté de cette double expérience, Descartes avance d'autres expériences comme celle du triangle qui recèle trois lignes et celle du cercle qui possède une seule surface. Ainsi, l'existence et la pensée ne peuvent-elles se constituer, en tant que formes d'intuition, comme critères de la vérité et de la certitude, et à ce titre, comme principes de la connaissance. L'existence et la pensée viennent seulement prendre place, aux côtés du triangle et du cercle, comme formes de la connaissance intuitive. On peut encore objecter à la thèse de l'absence du Cogito dans  " Les Règles pour la direction de l'esprit " que le commentaire de la Règle XII élabore les conditions théoriques propices à l'énonciation du Cogito. Et cela à deux reprises : d'abord, à l'occasion de la relation que fait cette Règle du doute socratique ; et ensuite, à propos du rapport que la Règle XII instaure entre l'existence de l'ego et celle de Dieu. S'agissant du doute socratique, Descartes affirme que  " si Socrate dit qu'il doute de tout, il suit nécessairement de là : donc qu'il entend bien au moins qu'il doute ; de même, donc qu'il connait que quelque chose peut être vrai ou faux, etc : ces propositions sont nécessairement conjointes à la nature du doute " . Le Cogito comme acte qui instaure l'être fait logiquement défaut ici, car le doute de Socrate ne naît et ne se développe qu'en vue d'établir la vérité d'un tel doute et de distinguer la vérité et la dans les choses, et non pas en vue d'établir l'existence du sujet du doute. Concernant l'énoncé du rapport qui se noue entre l'existence de l'ego et l'existence de Dieu, le commentaire de la Règle XII semble anticiper sur la conception immédiate du Cogito lorsqu'il révèle  " qu'il se trouve aussi de nombreuses choses conjointes nécessairement entre elles, que la plupart mettent au nombre des contingentes, sans remarquer leur relation, comme cette proposition : " je suis, donc Dieu est ". La proposition  " Je suis, donc Dieu est "  , loin de faire signe vers l'énoncé immédiat du Cogito -  " Je suis, j'existe " - fait plutôt signe vers la preuve de l'existence de Dieu. Dans la perspective cartésienne, la preuve  " a posteriori " de l'existence de Dieu doit être saisie comme la preuve par l'idée d'infini dans l'ego fini. Une preuve  " a posteriori " de l'existence de Dieu, qu'il faut distinguer de la preuve  " a priori "  de l'existence de Dieu où l'on affirme l'impossibilité de penser   l'essence de Dieu sans son existence. Sans doute la preuve  " a posteriori " de l'existence de Dieu dans la  " Méditation cinquième " diffère -t-elle de l'esquisse du commentaire de la Règle XII. Ne serait-ce que par l'apparition de la thématique de la finitude de l'ego dont les  " Regulae " ne pouvaient avoir aucunement l'idée, tournées qu ' elles étaient vers l'établissement de l'ontologie de l'ordre et de la mesure qui peut encore s'entendre comme une ontologie de l'objet en tant que connu. De sorte que la preuve  " a posteriori " de l'existence de Dieu ne conclut pas - comme le commentaire de la Règle XII des  " Regulae " - de l'existence de l'ego à l'existence de Dieu, mais bien de la réalité de l'idée d'une substance infinie dans l'ego fini à l'existence de Dieu comme l'auteur de cette idée de l'infini dans l'ego fini. Toutefois, l'esquisse de la preuve  " a posteriori " de l'existence de Dieu dans le commentaire de la Règle XII des  " Regulae - je suis, donc Dieu existe " - diffère encore plus du Cogito, puisqu'un tel énoncé vise moins l'établissement de l'existence de l'ego, que la démonstration de l'existence de Dieu. Les  " Regulae " ne donnent à lire ni l'énoncé courant ni l'énoncé immédiat du Cogito. L'examen des  " Regulae " confirme donc l'absence du Cogito dans l'ouvrage inaugural de la métaphysique cartésienne, quand bien même le commentaire de la Règle III élabore les conditions nécessaires de l'apparition du Cogito. Mais justement, les conditions nécessaires ne sont pas encore suffisantes pour qu'advienne l'invention du Cogito. Une invention qui se produit dans le  " Discours de la méthode " et ce qui s'y invente, c'est l'énoncé courant du Cogito.  

   II - L'ENONCE COURANT DU COGITO

      Si l'incertitude ne saurait constituer un dommage pour les moeurs lorsqu'elle passe pour la certitude, il en va autrement pour la vérité. Car la vérité doit être indubitable et non pas incertaine. C'est pourquoi Descartes décide de réputer faux et donc de rejeter tout ce qui implique le moindre doute en raison de son ambiguïté ou de son obscurité.  " Je pensai qu'il fallait que (...) je rejetasse comme absolument faux tout ce en quoi je pourrais imaginer le moindre doute, afin de voir s'il ne resterait point, après cela, quelque chose en ma créance qui fut entièrement indubitable " . Deux lieux paraissent devoir retenir l'attention comme propices au doute : les sens et les mathématiques. Aussi, faut-il d'abord pour les sens s'assurer qu'ils ne sont en rapport ou n'affectent aucun fait susceptible de conduire au doute. En effet, " à cause que nos sens nous trompent quelquefois, je voulais supposer qu'il n'y avait aucune chose qui fût telle qu'ils nous la font imaginer " . Ensuite, ne s'estimant pas exempt des erreurs qui peuvent être commises même dans les questions les plus simples de géométrie, Descartes entreprend de récuser comme faux tous les raisonnements et toutes les opérations qu'il prenait  " auparavant pour démonstrations " . Reste pourtant une dernière difficulté qui porte sur la différence entre la veille et le sommeil relativement aux pensées qui surgissent en l'homme. Mais comme les mêmes pensées qui surviennent en nous à l'état de veille peuvent encore surgir en nous dans le sommeil, et comme toutes ces pensées s'avèrent fausses, alors on doit conclure au caractère illusoire de toutes les pensées qui s'élaborent en l'homme, qu'elles soient des pensées de l'état de veille ou a fortiori des pensées qui, apparaissant dans le sommeil, ne sont que des songes. Toutefois, Descartes ne peut prétendre réputer fausses toutes les pensées aussi bien les pensées de l'état de veille que celles de l'état de sommeil. Car dans le travail de rejet de toutes choses auquel il se livre, quelque chose résiste à ce rejet et se soustrait par là même à la fausseté qui frappe toutes choses. En effet,  " pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait nécessairement que moi, qui le pensait, fusse quelque chose  " . Comment Descartes parvient-il à établir que l'ego qui pense soit quelque chose ? d' autant plus que toutes les choses ont été déclarées fausses et ont été, en raison de cette fausseté, rejetées ! Descartes n'y parvient qu'au moyen de cet énoncé qui apparaît non seulement comme une vérité, mais encore comme la première vérité, c'est-à-dire le premier principe de la connaissance. Un énoncé qui se présente de prime abord comme une simple remarque " . Et remarquant que cette vérité : Je pense donc je suis était si ferme et si assurée que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques n'étaient pas capables de l'ébranler, je jugeai que je pouvais la recevoir, sans scrupule, pour le premier principe de la philosophie que je cherchais. " . La question de la nature de l'ego dont l'existence requiert un acte de penser s'impose. D'autant plus qu'un tel ego ne peut se prévaloir d'un corps avec lequel il formerait un tout ni d'un monde ou plus précisément d'un lieu dans le monde où il serait susceptible de se trouver. Et cela en raison du doute sur la vérité, et par conséquent sur la réalité de toutes choses qui a conduit à leur révocation. Toutefois, à cause de la pensée inhérente au doute sur la vérité de toutes choses. " je ne pouvais pas feindre (...) que je n'étais point ; et qu'au contraire, de cela même que je pensais à douter de la vérité des autres choses, il suivait très évidemment et très certainement que j'étais " .  La pensée, qui se manifeste par et à travers l'acte de penser, peut encore, on le sait, se manifester au moyen du doute qui ne constitue qu'une de ses figures. C'est pourquoi la fin ou à tout le moins l'absence de la pensée et du doute induit la disparition de l'ego. En effet,  " si j'eusse seulement cessé de penser, encore que tout le reste de ce que j'avais imaginé eût été vrai, je n'avais aucune raison de croire que j'eusse été ". Une corrélation s'instaure donc entre penser et être, quand bien même une telle corrélation s'établit sous le signe de la fin du penser qui implique la fin de l'être, et par conséquent, la fin de l'ego. A la lumière de cette corrélation entre penser et être, Descartes peut désormais déterminer la nature de l'ego comme une substance pensante. " Je connus de là que j'étais une substance dont toute l'essence ou la nature n'est que de penser "; Sans doute le Cogito a-t-il été conçu comme première certitude, c'est-à-dire comme principe premier de la connaissance. Mais ce faisant, une occultation s'est produite - l'occultation du Cogito comme critère de la certitude et de la vérité. Pareil critère , qui semblait devoir reposer sur l'immédiateté de la corrélation entre penser et être, requiert en réalité la clarté et la distinction. Le Cogito ne peut donc être critère de la vérité que pour autant qu'il permet la mise en oeuvre de la  " Règle générale ". Et par  " Règle générale ", il faut entendre la possibilité de circonscrire et de concevoir les choses au moyen de la clarté et de la distinction. En effet,  " ayant remarqué qu'il n'y avait rien du tout en ceci : Je pense, donc je suis, qui m'assure que je dis la vérité, sinon que je vois très clairement que, pour penser, il faut être : je jugeai que je pouvais prendre pour règle générale que les choses que nous concevons fort clairement et distinctement sont toutes vraies ". Revenant dans les objections et les Réponses sur le Cogito, Descartes affirme qu'aucun syllogisme ne préside à l'établissement de l'ego en tant que  " res cogitans ". Et pourtant, l'énoncé courant du Cogito  " Je pense , donc je suis  " - pourrait donner à penser à un syllogisme en raison du rapport d'inférence entre la pensée et l'être. Un rapport d'inférence qui s'exprime à travers la conjonction de subordination " donc " qui renvoie en général à la conclusion d'un raisonnement discursif. Rien n'autorise cependant une telle interprétation.  Car  " quand nous apercevons que nous sommes des choses qui pensent, c'est une première notion qui n'est tirée d'aucun syllogisme ; et lorsque quelqu'un dit :  " je pense, donc je suis, ou j'existe " il ne conclut pas son existence de sa pensée comme par la force de quelque syllogisme, mais comme une chose connue de soi ; il la voit par une simple impection de l'esprit ". L'être ou l'existence qui procède du penser ne se déduit pas d'un raisonnement syllogistique, mais fait pour ainsi dire socle au penser comme une chose qui lui est inhérente. C'est pourquoi l'ego peut en faire immédiatement l'expérience comme une chose dont la connaissance est directe. Et d'autant plus directe que l'ego qui la voit, y accède au moyen de son esprit, puisque cette chose n'est rien d'autre que son propre être. Ainsi, l'être consubstantiel au penser s'avère-t-il non déductible du syllogisme. Car si un tel être se déduisait d'un syllogisme, l'ego  " aurait dû auparavant connaître cette majeure : Tout ce qui pense, est ou existe  " . Mais au contraire, elle lui est enseignée de ce qu'il sent en lui-même qu'il ne se peut pas faire qu'il pense, s'il existe ". Le caractère non-syllogistique de l'énoncé du Cogito résulte donc de l'immédiateté de l'existence. Une immédiateté qui consiste en ceci que l'existence se révèle être une expérience que l'ego éprouve directement. L'existence est en effet sentie et ressentie par l'ego. Precisément parce qu'aucun événement, aucun fait, aucune chose, ne s'impose en qualité de moyen-terme entre l'ego et l'existence, afin de rendre possible leur liaison. L'existence est immédiatement et irrémédiablement liée à l'ego. Dans la première partie des  " Principes de la philosophie " qui porte comme titre  " Des principes de la connaissance humaine  ", Descartes procède à la récapitulation de toutes ses réflexions relative à l'énoncé courant du Cogito.  " Lorsque j'ai dit que cette proposition : Je pense, donc je suis, est la première et la plus certaine qui se présente à celui qui conduit ses pensées par ordre, je n'ai pas pour cela nié qu'il ne fallût savoir auparavant ce que c'est que pensée, certitude, existence, et que pour penser il faut être, et autres choses semblables " . Même si Descartes ajoute que  " ce sont là des notions si simples que d'elles-mêmes elles ne nous font avoir la connaissance d'aucune chose qui existe " , il faut malgré tout élucider ces notions. Car seule leur connaissance est susceptible de dissiper l'ambiguïté relative au Cogito. Si à la notion de connaissance, Descartes adjoint, depuis les  " Regulae " , le prédicat indubitable, ce qui permet de mettre un terme à l'ambiguïté y afférente, en revanche, la difficulté surgit aussitôt que l'on travaille à comprendre la notion de pensée.  Une difficulté que tente pourtant de résoudre le paragraphe 9 des  " Principes de la philosophie ", comme l'indique son titre :  " Ce que c'est que pernser. " De la détermination de l' essence du penser à laquelle se livre Descartes dans le paragraphe 9 des  " Principes de la philosophie " , il ressort que  " par le mot de penser, j'entends, dit-il, tout ce qui se fait en nous de telle sorte que nous l'apercevons immédiatement par nous-mêmes " . L'immédiateté caractérise, selon Descartes, au plus haut point la pensée qu'elle paraît devoir se confondre en quelque sorte avec elle. Car tout ce que l'ego accomplit sous le signe de l'immédiateté relève de la pensée.  " C'est pourquoi non seulement entendre, vouloir, imaginer, mais aussi sentir, est la même chose ici que penser " . A condition que ces actions de l'ego soient accomplies immédiatement. Or, ces différentes actions de l'ego qui ressortissent à la pensée, n'en possèdent pas la même infaillibilité et ne conduisent par conséquent pas à une véritable certitude quant à leur réalité. Car  " si je dis que je vois ou que je marche, et que j'infère de là que je suis ; si j'entends parler de l'action qui se fait avec mes yeux ou avec mes jambes, cette conclusion n'est pas tellement infaillible, que je n'aie quelque sujet d'en douter, à cause qu'il se peut faire que je pense voir ou marcher, encore que je n'ouvre point les yeux et que je ne bouge de ma place ". Descartes allègue l'expérience du rêve et de l'illusion pour récuser toute l'idée d'équivalence ou d'égalité dans la certitude entre la pensée et les autres actions de l'ego. D' autant que les différentes actions de l'ego ne peuvent prétendre à la certitude que dans la mesure où elles recèlent quelque pensée. Autrement dit, les actions de l'ego ne sont certaines que pour autant qu'elles sont des actions qui relèvent de la pensée, de sorte que l'action de voir ou de marcher n'est certaine que si elle s'accompagne de la pensée. En effet,  "si j'entends parler seulement de l'action de ma pensée ou du sentiment, c'est-à -dire de la connaissance qui est en moi, qui fait qu'il me semble que je vois ou que je marche, cette même conclusion est si absolument vraie que je n'en peut douter, à cause qu'elle se rapporte à l'âme, qui seule a la faculté de sentir ou bien de penser en quelque autre façon que ce soit " . Dans la lettre de mars 1638 à un correspondant demeuré mystérieux, puisque son nom est remplaçé par trois astérisques (***), Descartes avait déjà évoqué la question du rapport des actions de l'ego et de l'être ou de l'existence à travers cette expérience cruciale que représente l'action de respirer.  " Lorsqu'on dit : Je respire, donc je suis, si l'on veut conclure son existence de ce que la respiration ne peut être sans elle, on ne conclut rien, à cause qu'il faudrait auparavant avoir prouvé qu'il est vrai qu'on respire, et cela est impossible, si ce n'est qu'on ait aussi prouvé qu'on existe " . L'action de respirer ne peut donc, en dépit de son caractère vital pour l'ego, instaurer l'existence. Car il faut avant tout prouver que l'on respire. Or on ne peut le faire sans avoir auparavant prouvé que l'on existe. Par conséquent, l'action de respirer ne peut conduire à l'existence qui toujours la précède. Et il la précède d'autant plus que seuls ceux qui existent respirent. L'énoncé  " je respire, donc je suis " ne possède en raison de son inconsistance logique aucune vérité, puisqu'il  subordonne l'existence à l'action de respirer qui en précède.  " Mais si l'on veut conclure son existence du sentiment ou de l'opinion qu'on a qu'on respire, en sorte qu'encore même que cette opinion ne fût pas vraie, on juge toutefois qu'il est impossible qu'on l'eût, si on n'existait, on conclut fort bien ". Si de l'action de respirer à l'acte d'exister, la conclusion n'est pas bonne, en revanche du sentiment de respirer à l'acte d'exister, la conclusion est bonne, quand bien même un tel sentiment serait faux. En effet, le sentiment, c'est -à-dire la pensée que l'on respire implique l'existence  " à cause de cette pensée de respirer se présente alors à notre esprit avant celle de notre existence, et que nous ne pouvons douter que nous ne l'ayons pendant que nous l'avons " . Descartes peut transcrire l'énoncé -  " Je respire, donc je suis - en l'énoncé - Je pense, donc je suis " - dans la mesure où l'action de respirer renvoie à la pensée que je respire. De sorte qu'une équivalence s'instaure entre  " je pense respirer, donc je suis et Je pense, donc je suis ". Conscient des difficultés que recèlent ses ouvrages, Descartes a cru devoir en résoudre certaines dans  " L'entretien avec Burman " dont le sous-titre évoque explicitement ces difficultés -  " Réponse de René Descartes en personne à certaines difficultés tirées de ses Méditations et autres ouvrages " . Reprenant la question du caractère non-syllogistique du Cogito que posaient et résolvaient les  " Objections et les Réponses " Descartes remarque :  " Avant cette conclusion : je pense , donc je suis, on peut savoir que  " tout ce qui pense existe " , car cette majeure est en réalité antérieure à ma conclusion qui s'appuie sur elle. C'est en sens que,  dans " les Principes " , l'auteur déclare qu'elle vient la première puisque justement, de façon implicite, la majeure est toujours présupposée et vient toujours la première " . Si l'on appréhende le Cogito, autrement dit, le  " Je pense ,donc je suis, comme la conclusion d'un syllogisme, alors il faut non seulement construire la majeure de ce syllogisme qui ne peut-être que : " tout ce qui ce pense est ". Mais il faut encore la penser comme antérieure à la conclusion, puisque celle-ci se fonde sur elle. Or, la difficulté commence avec l'idée de l'antériorité de la majeure sur la conclusion, car rien ne permet d'établir cette antériorité. Descartes récuse même l'idée de l'antériorité de la majeure sur la conclusion, dont il n'a, du reste, aucune connaissance.  " Mais ce n'est pas une raison pour que je connaisse toujours de façon expresse et explicite qu'elle (i.e. la majeure) vient la première, et que j'en aie la science avant ma conclusion ". Au contraire, ce dont il a réellement connaissance, c'est plutôt la conclusion. Précisément parce que  " je prête attention seulement à ce que j'expérimente en moi, comme " je pense, donc je suis ". C'est donc l'expérience de l'énoncé " Je pense, donc je suis " , son immédiateté qui implique sa connaissance. une expérience et une connaissance qui s'avèrent liées en ceci que l'ego les éprouve directement en lui. En revanche, la notion générale qui apparaît au regard de cette conclusion " Je pense, donc je suis " comme une majeure, à savoir  " Tout ce qui pense est  " s'annonce comme un énonçé abstrait. Un énoncé abstrait qui préside à un raisonnement syllogistique introuvable. Et d'autant plus introuvable que l'énoncé  " Je pense, donc je suis " , loin d'être la conclusion de ce raisonnement syllogistique et de cette majeure - " Tout ce qui pense est " - s'affirme plutôt comme un énoncé vécu. De fait, la difficulté de l'énoncé  " Je pense, donc je suis ", son ambition réside précisément dans la tentation de l'assimiler à un syllogisme. C'est pourquoi Descartes est revenu sur la nécessité de tenir et de maintenir un tel énoncé à distance du syllogisme, mais aussi de l'entendre comme exclusif du syllogisme. Une telle nécessité, il l'a énoncée, au moins à deux reprises. D'abord, dans les " Objections et Réponses " , où il récuse toute idée d'assimilation du Cogito à un syllogisme  " Mais quand nous apercevons que nous sommes des choses qui pensent, c'est une première notion tiré d'aucun syllogisme ; et lorsque quelqu'un dit :  " je pense, donc je suis, ou j'existe " , il ne conclut pas son existence de sa pensée comme par la force de quelque syllogisme, mais comme une chose connue de soi " . Mais il ne suffit pas de déclarer le Cogito inassimilable à un syllogisme, encore faut-il le démontrer. Descartes se livre à une telle démonstration en supposant que quelqu'un appréhende l'énoncé  " Je pense, donc je suis ", comme la solution d'un syllogisme. Toutefois,  " s'il la déduisait par le syllogisme, il aurait dû auparavant connaître cette majeure :  " Tout ce qui pense, est ou existe. " Mais au contraire, elle lui est enseignée de ce qu'il sent en lui-même qu'il ne se peut pas faire qu'il pense, s'il n'existe ". Loin de procéder de la majeure - " Tout ce qu'il pense est, ou existe, l'énoncé Je pense donc je suis, au contraire la précède en raison de sa particularité. Une particularité qui découle de son immédiateté. Descartes explique la procession de la majeure - Tout ce qui pense est, ou existe - de l'énoncé immédiat et particulier - Je pense donc je suis - par la dépendance générale des propositions générales des propositions particulières.  " car c'est le propre de notre esprit, de former les propositions générales de la connaissance des particulières " . Ensuite, dans l'entretien avec Burman, où Descartes reprend - on le sait  - la même démonstration. Le Cogito ne saurait s'identifier à un syllogisme, puisque la conclusion de ce syllogisme - je pense, donc je suis - n'est pas comme dans tout syllogisme postérieure à la majeure -Tout ce qui pense est - mais lui est plûtot antérieure. Mais si les difficultés du Cogito ressortissent essentiellement à son appréhension comme un syllogisme dont la conclusion renvoie l'énoncé - Je pense, donc je suis, et la majeure à l'énoncé - Tout ce qui pense est, ou existe, alors la seule ressource qui reste à Descartes pour se soustraire aux difficultés et finalement pour y mettre fin consiste en l'invention d'un nouvel énoncé du Cogito. Et c'est précisément à cette tâche qu'il s'attelle dans les  " Méditations " à travers l'élaboration d'un énoncé immédiat du Cogito.

  

  III - L'ENONCE IMMEDIAT DU COGITO  ( A SUIVRE)

  

                            

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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04 décembre 2018

PLAIDOYER POUR UNE (RE)lECTURE DIOPIENNE APAISEE- YVES KOUNOUGOUS (PHD)-UNIVERSITE DE BRAZZAVILLLE (CONGO)-NCBS(USA)-DISA(USA)

 

  LE 7/2/1986, DISPARAISSAIT LE PROFESSEUR CHEIKH ANTA DIOP, ILLUSTRE PERSONNAGE INCONNU DE LA MAJORITE D' ENTRE VOUS, CE QUI JUSTIFIE MON INTERVENTION, MAIS AUSSI PERSONNAGE CLE POUR LA MEMOIRE HISTORIQUE NEGRO-AFRICAINE ET DE LA DIASPORA ; DE MÊME QUE POUR LES DISCIPLES, LES CHERCHEURS ET LES PERSONNES INTERESSES, TOUTE IDEOLOGIE MISE A PART. SANS PRETENTION AUCUNE, EVOQUER AU TRAVERS DE CES ECRITS, LE NOM DE CHEIKH ANTA DIOP, POURRAIT EQUIVALOIR SI UNE COMPARAISON ETAIT POSSIBLE A PARLER DE CE GRAND PERSONNAGE DE L'HISTOIRE DE FRANCE QU'ETAIT CHARLES DE GAULLE A DES PYGMEES D'AFRIQUE.

  CECI DIT TENTONS DE CERNER ET D'EXPLICITER A LA FOIS LA DIMENSION DU PERSONNAGE ET L'ETENDUE DE SON ERUDITION :

  - QUATRE THEMES PRINCIPAUX SE PARTAGENT L'ENSEMBLE DE SES TRAVAUX ET RECHERCHES

   A) SUR LE PREMIER THEME, A SAVOIR LA CONSTITUTION D'UN ETAT FEDERAL EN AFRIQUE

 (CHOSE ENCORE POSSIBLE COMPARATIVEMENT A L'INDE MAIS QUI DEVIENT DE PLUS EN PLUS PROBLEMATIQUE) , IL S' AGISSAIT POUR CHEIKH ANTA DIOP, DE NOUS PERMETTRE D'ENVISAGER UNE ALTERNATIVE CAPABLE DE SORTIR LE CONTINENT AFRICAIN DU MARASME ECONOMIQUE, SOCIOLOGIQUE, POLITIQUE, CULTUREL DANS LEQUEL IL SE TROUVE ; POUR VOUS AUTRES OCCIDENTAUX EN GENERAL ET EUROPEENS EN PARTICULIERS D'ADMETTRE QUE DES SOLUTIONS PROPREMENT ENDOGENES, DONC AFRICAINES EXISTENT, QUI TENDENT A AMOINDRIR LES DIFFERENTES FORMES D'ASSISTANAT, SANS CATEGORIQUEMENT REFUSER UN SOUTIEN DE L'OCCIDENT.

   B) SUR LE SECOND THEME, A SAVOIR L'ORIGINE NEGRE ET AFRICAINE DE LA CIVILISATION ET DE LA CULTURE EGYPTIENNE ;  FAUT-IL ENTENDRE PAR LA SUBSTITUER UNE FORME DE RACISME PAR UNE AUTRE, NOUS NE LE PENSONS POINT ; IL S 'AGISSAIT PLUTÔT POUR NOUS AUTRES, AFRICAINS ET AUTRES MEMBRES DE LA DIASPORA D'UNE SERIEUSE REMISE EN CAUSE D'UNE CERTAINE CONCEPTION DE L'HISTOIRE QUI CONCEVAIT LE CONTINENT AFRICAIN COMME ABSENT ET HORS DE L'HISTOIRE ; POUR VOUS AUTRES OCCIDENTAUX EN GENERAL, ET EUROPEENS EN PARTICULIER, D'ADMETTRE UNE FOIS POUR TOUTE, A LA SUITE DE NOMBREUX SAVANTS ET CHERCHEURS DU PASSE ( HERODOTE, ARISTOTE) ET DU PRESENT (YVES COPPENS - PROFESSEUR AU COLLEGE DE FRANCE) QUE L'AFRIQUE EST LE BERCEAU DE L'HUMANITE.

  C) SUR LE TROISIEME THEME RELATIF A L'IDENTIFICATION DES GRANDS FLUX MIGRATOIRES ; LA POSSIBILITE NOUS ETAIT DESORMAIS OFFERTE, A NOUS AFRICAINS ET MEMBRES DE LA DIASPORA, DE NOUS   " ORIGINER "  DANS L'ESPACE ET DANS LE TEMPS ; POUR VOUS AUTRES OCCIDENTAUX EN GENERAL ET EUROPEENS EN PARTICULIER, DE MIEUX COMPRENDRE, SURTOUT POUR LES AFRICANISTES, AUSSI BIEN DE MANIERE SYNCHRONIQUE QUE DIACHRONIQUE, L'EVOLUTION DES PEUPLES AFRICAINS ET DE LA DIASPORA.

  D) SUR LE DERNIER THEME TOUCHANT A L'INDEPENDANCE DES ETATS SOUS DOMINATION COLONIALE, SITUATION QUI PREVALAIT A L'EPOQUE, IL S ' AGISSAIT POUR NOUS, DE COMPRENDRE QUE L'INDEPENDANCE POLITIQUE SANS INDEPENDANCE ECONOMIQUE N'EST QU'UN LEURRE, UN VIL MENSONGE ; POUR VOUS AUTRES OCCIDENTAUX EN GENERAL ET EUROPEENS EN PARTICULIER, DE S ' APERCEVOIR QUE TOUT PEUPLE QUI VIT DANS LA SERVITUDE EST IRREVERSIBLEMENT APPELE A SE LIBERER.

  EN GUISE DE CONCLUSION, DANS LE CADRE DE CE RENDEZ VOUS DU DONNER ET DU RECEVOIR, J' ESPERE POUVOIR AFFIRMER A TRAVERS CES ECRITS, QU' EN CE LIEU ET ESPACE OU DES MENTALITES DIFFERENTES, DES CULTURES DIFFERENTES, DES INDIVIDUALITES SE SONT POUR LA PREMIERE FOIS RENCONTREES, EN VUE D' OEUVRER A L'ETABLISSEMENT ET A L'INSTAURATION D'UN MONDE EGAL ET MEILLEUR POUR TOUS.   

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17 novembre 2018

LES EVÊQUES DU CONGO BRAZZAVILLE S 'EXPRIMENT - JOURNAL LA SEMAINE AFRICAINE - 12 MAI 2018

 

    CONFERENCE EPISCOPALE DU CONGO : MESSAGE DES EVÊQUES A L'ISSUE DE LEUR SESSION EXTRAORDINAIRE

    REUNIS A BRAZZAVILLE DU 8 AU 9 MAI EN SESSION EXTRAORDINAIRE, NOUS, EVÊQUES DU CONGO, AVONS EXAMINE LA CRISE SOCIO-POLITIQUE ET ECONOMIQUE PREOCCUPANTE QUE VIT NOTRE PAYS. FIDELES A LA MISSION DE L'EGLISE DEPUIS LES COMMENCEMENTS QUI EST D'ANNONCER LA PAROLE DE DIEU A TEMPS ET A CONTRETEMPS (Mt 28, 19 ) ET D'ACCOMPAGNER LES FIDELES CHRETIENS A ÊTRE DANS LE MONDE, SELON LE COMMANDEMENT DU SEIGNEUR, VERITABLEMENT ET CONTINUELLEMENT  " SEL DE LA TERRE ET LUMIERE DU MONDE " (Mt 5, 13,14) NOUS DELIVRONS, AU TERME  DE NOTRE RENCONTRE, AU PEUPLE DE DIEU AINSI QU' AUX FEMMES ET AUX HOMMES DE BONNE VOLONTE, LE MESSAGE SUIVANT.

 1) DANS LE PRESENT MESSAGE, NOTRE CONVICTION PROFONDE SUR LES ORIGINES DU MAL DE NOTRE PAYS ET SUR LES PERSPECTIVES DE SORTIE DE CRISE. COMME EN TEMOIGNENT NOS DIFFERENTS MESSAGES ANTERIEURS, NOTRE CONVICTION S'EST FORGEE AU FIL DES ANNEES ET SE TROUVE CONFORTEE PAR LES DIFFICULTES QUE TRAVERSE NOTRE PAYS DEPUIS AU MOINS TROIS ANS. TOUTES CES DIFFICULTES SONT ARRIVEES - C'EST NOTRE CONVICTION LA PLUS PROFONDE - PARCE QUE LE GOUVERNEMENT ET TOUS CEUX A QUI IL INCOMBAIT D'EN DECIDER, ONT IGNORE NOTRE MESSAGE DE NOEL 2014,  A SAVOIR : " EN REGIME DEMOCRATIQUE, AUCUNE REFORME QUI SUSCITE DE FORTES TENSIONS ET OPPOSITIONS N'A JAMAIS PROFITE AU PEUPLE "  ET PAR CONSEQUENT, UN CHANGEMENT DE LA CONSTITUTION DANS LA DIVISION... METTRAIT EN PERIL LA PAIX SOCIALE (N° 10). DANS LE MESSAGE DE LA 44 EME ASSEMBLEE PLENIERE, N° 31, NOUS APPELIONS  " AU FUTUR PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE S'ENGAGER A SAUVER LA NATION EN IMPRIMANT UN NOUVEL AGIR " , COMME DEJA DIT DANS LE MESSAGE DE LA 41 EME ASSEMBLEE PLENIERE  SUR LES ANTIVALEURS.

 2 ) ET QUE DIRE DE LA CRISE DANS LE POOL ? HELAS, LE CONGO N'EN EST PAS A SA PREMIERE " GUERRE DU POOL " . DEPUIS 1998, CE DEPARTEMENT EST REGULIEREMENT SECOUE PAR DES CRISES ET DES CONFLITS ARMES, QUI A CHAQUE FOIS, SONT CONCLUS PAR DES ACCORDS DE PAIX ET DE CESSATION DES HOSTILITES, DOUBLES D' UN PROGRAMME DE DEMOBILISATION ET DE REINSERTION DES EX-COMBATTANTS. MAIS A CHAQUE FOIS AUSSI, LES VERITABLES VICTIMES QUE SONT LES POPULATIONS CIVILES N'ONT PAS ETE PRISES EN COMPTE.

 3) NOUS, EVEQUES, PENSONS QUE, POUR CONJURER DEFINITIVEMENT CE  " MAL DU POOL "   

 DES ACCORDS DE PAIX SUR LE PAPIER NE SUFFIRONT PAS. IL FAUDRA ALLER PLUS LOIN, EN INTEGRANT L'EXIGENCE DE VERITE SUR LES ORIGINES DE CETTE CRISE RECURRENTE. LE PEUPLE A LE DROIT DE SAVOIR CE QUI S 'EST PASSE : LES CAUSES ET LES CONSEQUENCES, MAIS SURTOUT LES RESPONSABILITES DES UNS ET DES AUTRES. LES MORTS ET LES DESTRUCTIONS DANS CE DEPARTEMENT APPELLENT JUSTICE ET REPARATION. UNE RECONCILIATION VERITABLE N ' EST QU'A CE PRIX, POUR PERMETTRE A NOTRE PAYS DE SORTIR DE LA CRISE MULTIFORME QU'IL VIT.

4) COMMENT COMPRENDRE, EN EFFET, QU'APRES DES ANNEES FASTES DE BOOM PETROLIER, LE CONGO SOIT EN RECESSION ECONOMIQUE ? CETTE SITUATION N'EST-ELLE PAS TROP VITE ATTRIBUEE A LA CHUTE DES PRIX DU BARIL SUR LE MARCHE INTERNATIONAL ? COMMENT S'EXPLIQUER NOTRE MANQUE ACTUEL DE RESSOURCES ET NOTRE ENDETTEMENT EXCESSIF APRES DIX ANNEES D'EMBELLIE AU COURS DESQUELS LE PAYS AVAIT ENGRANGE DES RICHESSES SI ENORMES QUE MEME UN FONDS AVAIT ETE CREE POUR LES GENERATIONS FUTURES ? COMMENT COMPRENDRE  PAR EXEMPLE QU' AU MOMENT OU LE GOUVERNEMENT AFFIRMAIT DETENIR UN COMPTE A EXIM BANK DE CHINE POUR LE PAIEMENT DE NOS INFRASTRUCTURES QUE LA DETTE DE LA CHINE SOIT AUSSI COLOSSALE : 40 % DU MONTANT TOTAL DE LA DETTE ?

5) ET QUE DIRE DE L' ETERNELLE PRATIQUE DES PREFINANCEMENTS PETROLIERS AVEC LES TRADERS, QUI A EGALEMENT CONTRIBUE A ALOURDIR LE NIVEAU D' ENDETTEMENT ! POURQUOI AVOIR RECOURU A DES PREFINANCEMENTS PETROLIERS A UN MOMENT OU NOUS AVIONS SUFFISAMMENT DE REVENUS DISPONIBLES POUR FINANCER NOTRE DEVELOPPEMENT ?

6) A QUAND L'AVENEMENT DE L' ETHIQUE DANS LE COMMERCE DE NOS MATIERES PREMIERES, MAIS AUSSI DANS LES MONTAGES FINANCIERS ET LES DETTES QUI SONT CONTRACTES AU NOM DU PAYS ? N'EST-IL PAS VENU AUSSI POUR LES GOUVERNEMENTS DES PAYS D'OU VIENNENT LES ENTREPRISES SPECIALISEES DANS L' EXPLOITATION ET LE COMMERCE DE NOS MATIERES PREMIERES LE TEMPS DE SURVEILLER LES PRATIQUES DE CORRUPTION DE LEURS RESSORTISSANTS QUI RUINENT TANT NOTRE PAYS ?

7) A TOUS LES CREANCIERS DE LA REPUBLIQUE DU CONGO, NOUS ADRESSONS CE CRI DU PROPHETE AMOS : " ECOUTEZ CECI, VOUS QUI ECRASEZ LE MALHEUREUX POUR ANEANTIR LES HUMBLES DU PAYS, CAR VOUS DITES : QUAND DONC LA FETE DE LA NOUVELLE LUNE SERA T-ELLE PASSEE, POUR QUE NOUS PUISSIONS VENDRE NOTRE BLE ? QUAND DONC LE SABBAT SERA-T-IL FINI POUR QUE NOUS PUISSIONS ECOULER NOTRE FROMENT ? NOUS ALLONS DIMINUER LES MESURES, AUGMENTER LES PRIX ET FAUSSER LES BALANCES. NOUS POURRONS ACHETER LE FAIBLE POUR UN PEU D'ARGENT, LE MALHEUREUX POUR UNE PAIRE DE SANDALES. NOUS VENDRONS JUSQU'AUX DECHETS DE FROMENT ! LE SEIGNEUR LE JURE PAR LA FIERTE DE JACOB : NON JAMAIS JE N'OUBLIERAI AUCUN DE LEURS MEFAITS " (AMOS 8. 4 - 7 )

8) A CAUSE DE LA CORRUPTION, DE LA CONCUSSION ET DU VOL, AUJOURD'HUI NOTRE PAYS EST INCAPABLE DE PAYER LES SALAIRES DES TRAVAILLEURS, LES PENSIONS DES RETRAITES, LES BOURSES DES ETUDIANTS QUI SONT ABANDONNES A LEUR TRISTE SORT AU PAYS COMME A L' ETRANGER. NOS HOPITAUX SONT DELABRES OU FERMENT, LES MALADES REFOULES, LA MORTALITE NE CESSE D'AUGMENTER, LES CAS DE SUICIDE SE MULTIPLIENT, TANDIS QUE DANS NOS ECOLES L'OPERATION DU GOUVERNEMENT SUR LES TABLES-BANCS N'A PAS EU LES EFFETS ATTENDUS. DANS LES FAMILLES, MEME LE REPAS UNIQUE QUI ETAIT DEVENU LA REGLE APPARAIT DE PLUS EN PLUS COMME UN PRIVILEGE, PARCE QUE LE PRIX DES DENREES ALIMENTAIRES NE CESSE D'AUGMENTER, EN DEHORS DE CELUI DE LA BIERE QUI NE FAIT QUE BAISSER. AU CHOMAGE DES JEUNES QUI ETAIT DEJA ENDEMIQUE S'AJOUTE AUJOURD'HUI CELUI DE TOUS CEUX QUI PERDENT LEUR EMPLOI A CAUSE DE LA RECESSION. 

 9) CETTE SITUATION SOCIALE DRAMATIQUE INTERPELLE NOTRE CONSCIENCE DE PASTEURS, D'AUTANT QUE CERTAINS CITOYENS EXHIBENT LEUR RICHESSE, ACQUISE  " MIRACULEUSEMENT " EN UN TEMPS RECORD, TANDIS QUE LA MAJORITE DES CONGOLAIS CROUPIT DANS LA MISERE. DES SCANDALES DE CORRUPTION, DE CONCUSSION ONT ETE REVELEES, MAIS LA JUSTICE DE NOTRE PAYS PEINE A LES ELUCIDER.

 10) NOUS DEVONS AVOIR LE COURAGE DE PARLER DE CES SUJETS DE MANIERE OUVERTE ET SANS PASSION. LES PARTIS DE LA MAJORITE PRESIDENTIELLE ONT JETE UN PAVE DANS LA MARE, EN EXIGEANT LE RAPATRIEMENT DES FONDS VOLES AU PEUPLE. NOUS NOUS EN REJOUISSONS, MAIS EN ATTENDONS SURTOUT DES RESULTATS CONCRETS. CEUX QUI ONT PRIS DE L'ARGENT APPARTENANT AU CONGO DOIVENT, EN EFFET, LE RENDRE AU PEUPLE QUI EN EST LE SEUL PROPRIETAIRE. NOUS EN APPELONS POUR CELA AU COURAGE ET A LA LUCIDITE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,  QUI PEUT A CET EFFET COMPTER SUR LE SOUTIEN DES EVEQUES DU CONGO ET DU PEUPLE. QUE LE FMI TIENNE BON POUR QUE LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION, LA CONCUSSION ET LA PROMOTION DE LA BONNE GOUVERNANCE DEMEURENT DES CRITERES INTANGIBLES POUR LA SIGNATURE D'UN PROGRAMME EVENTUEL. QUE LES INSTITUTIONS CHARGEES DE LUTTE CONTRE CE FLEAU DANS NOTRE PAYS TRAVAILLENT DAVANTAGE POUR ERADIQUER CE PHENOMENE.

 11)  FORT DE TOUS CES CONSTATS ET DANS LE BUT DE DECRISPER LES TENSIONS DANS LE PAYS, EN VUE DE MOBILISER LA COMMUNAUTE NATIONALE AUX EFFORTS DE REDRESSEMENT DE L'ECONOMIE ET POUR PROMOUVOIR AINSI LE BIEN-ETRE DE TOUS LES FILS ET FILLES DE NOTRE PAYS, NOUS PROPOSONS

    A - AU GOUVERNEMENT ET AUX PERSONNES EN RESPONSABILITES

      a)  OUVRIR UN DIALOGUE POLITIQUE LE PLUS LARGE POSSIBLE EN VUE DE DISCUTER DU MODELE POLITIQUE ET INSTITUTIONNEL QUE NOUS VOULONS DANS NOTRE PAYS, QUI S ' APPUIERA SUR DES VALEURS MORALES SUSCEPTIBLES DE FONDER UNE VIE POLITIQUE PERENNE ET STABLE, CE QUI EXIGE UNE JUSTICE EQUITABLE ET INDEPENDANTE. DANS CE CADRE, COMME DEJA DIT DANS NOTRE MESSAGE DE LA 45eme ASSEMBLEE PLENIERE N° 27, LIBERER TOUTES LES PERSONNES EN PRISON A LA SUITE DES CONTENTIEUX POLITIQUES.

     b) TRAVAILLER , AVEC UNE SOCIETE CIVILE VRAIMENT REPRESENTATIVE, A L'ELABORATION D'UN NOUVEAU SYSTEME ELECTORAL DANS LA PERSPECTIVE DES FUTURES ELECTIONS.

    c) REFLECHIR SUR LES VOIES ET MOYENS DE RESOUDRE DE MANIERE DEFINITIVE LA CRISE DU POOL,  AVEC UNE EXIGENCE DE VERITE, DE REPARATION ET DE RECONCILIATION.

    d) FAIRE UN AUDIT DE LA DETTE DU CONGO, DE TOUS LES PROJETS REALISES PARTICULIEREMENT DANS LE CADRE DE L'ACCORD DE COOPERATION AVEC LA CHINE ET AUTRES PAYS CONCERNES AINSI QUE DE TOUS LES FONDS OBTENUS GRÂCE AUX PREFINANCEMENTS PETROLIERS ET DE LEUR UTILISATION

    e) A VOUS TOUS, QUI AVEZ PRIS ET PRENEZ DE L'ARGENT PUBLIC, NOUS VOUS DEMANDONS DE LE RENDRE AU CONGO.

    f) CREER UN CORPS INDEPENDANT, CONSTITUE DE MAGISTRATS ELUS PAR LEURS PAIRS

ET D'AUTORITES MORALES, CHARGES DE REPRIMER LA CORRUPTION. CREER EGALEMENT UN CORPS D'AUDITEURS GENERAUX, DONT LE DIRIGEANT SERAIT NOMME PAR VOTE DES DEUX TIERS DU PARLEMENT POUR UN MANDAT DE 15 ANS NON-RENOUVELABLE

   g) AUX GOUVERNEMENTS DES PAYS DU NORD, NOUS DISONS : AIDEZ LES CONGOLAIS A RECOUVRER L'ARGENT GARDE IMPUNEMENT CHEZ VOUS. CES FONDS POURRAIENT SERVIR ICI LA CAUSE DU DEVELOPPEMENT.

       B - A VOUS FIDELE LAÏCS, AUX FEMMES ET AUX HOMMES DE BONNE VOLONTE, NOUS LANCONS CET APPEL PRESSANT :

   h)  ENGAGEZ-VOUS PAR DES ACTIONS CITOYENNES POUR BÂTIR ET CONSOLIDER LA DEMOCRATIE ET L'ETAT DE DROIT :  FAITES LE SUIVI DES POLITIQUES PUBLIQUES, OBSERVEZ LES ELECTIONS, REFUSEZ ET COMBATTEZ LA CORRUPTION ; 

  i) N'AYEZ PAS PEUR D'ALLER A LA RENCONTRE DES AUTRES, DE DISCUTER AVEC RESPECT ET TOLERANCE DE L'AVENIR DE NOTRE PAYS.

  j) NOUS APPELONS LES EGLISES SOEURS DU NORD A PORTER CE MESSAGE AUPRES DE LEURS GOUVERNEMENTS RESPECTIFS POUR QUE LES FONDS DETOURNES AU CONGO SOIENT RESTITUES AUX POPULATIONS CONGOLAISES. ENSEMBLE, MUTUALISONS NOS EFFORTS POUR UN MONDE LIBRE, PROSPERE ET JUSTE.

     

       C - AUX JEUNES              

  k) FACE A LA MEDIOCRITE, AU LAISSER-ALLER ET AU GOUT DE LA FACILITE, N'ATTENDEZ PAS QUE TOUT VOUS VIENNE DE  " L'ETAT PROVIDENCE " , ENGAGEZ-VOUS AVEC VIGUEUR A VOS ETUDES, AU TRAVAIL PRODUCTIF.

 i) A TOUTES ET A TOUS, FACE A LA CRISE, NOUS VOUS APPELONS AU SURSAUT PATRIOTIQUE.

   NOUS IMPLORONS LA BENEDICTION DE DIEU SUR TOUT LE CONGO, SUR CHACUN ET CHACUNE DE VOUS, SUR NOS DIRIGEANTS. QUE DIEU BENISSE NOTRE PAYS, L' AFRIQUE ET LE MONDE ENTIER. QUE NOTRE DAME DE LA PAIX INTERCEDE POUR NOUS !

 

                                                                   FAIT A BRAZZAVILLE LE 9 MAI 2018

 

                                                                   LES EVÊQUES DU CONGO

 

            MGR DANIEL MIZONZO                          MGR YVES MONOT               MGR JEAN GARDON

  EVÊQUE DIOCESAIN DE NKAYI                   EVÊQUE DE OUESSO          EVÊQUE D' IMPFONDO

         PRESIDENT DE LA CEC

 

             MGR VICTOR ABAGNA-MOSSA           MGR LOUIS PORTELLA-MBUYU

               EVÊQUE D'OWANDO                          EVÊQUE DE KINKALA

         VICE-PRESIDENT DE LA CEC   

 

          MGR ANATOLE MILANDOU                   MGR URBAIN NGASSONGO

      ARCHEVÊQUE DE BRAZZAVILLE             EVÊQUE DE GAMBOMA

 

         MGR ANGEL OLAVERI                            MGR BIENVENU MANAMIKA BAKOUAKOUAHOU

      EVÊQUE DE POINTE-NOIRE                       EVÊQUE DE DOLISIE

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25 août 2018

THE AFRICAN CIVILIZATION OF Kmt UNDER ATTACK BY EUROPEAN SCIENTISTS - BY TRISTAN SAMUELS AND ASAR IMHOTEP ( DISA - USA)

 

                      1) " THE WHITE NEFERTITI TROLL " by Tristan Samuels

     The Travel Channel's   "  Expedition Unknown " program recently showed a facial reconstruction of a Kemetiu (ancient Egyptian) woman,  " the younger lady ", whose mummy is though to be the Kemetiu queen Nefertiti. The reconstruction depicts the woman as if she were European. In response to the reconstruction and the controversy surrounding it, Raymond Johnson, director of the Epigraphic Survey project and Research Associate and Associate Professor at the University of Chicago in the Near Eastern Languges and Civilizations Department, claimed that Kemet was mix of African and European peoples. It is rather perplexing that a culture and civilization which emerged in the African continent is still classified as anything-but-African. It seems that it is impossible for the mainstream media and the academy to stop whitewashing Kemet (ancient Egypt). Thisreconstruction has no phenotypic commonalities with any know depictions of Nefertiti. The famous bust in the Berlin Museum is the closest, but it cannot be taken seriously as a legitimate depiction of Nefertiti. The Berlin bust's context is ambiguous and futhermore, it does not match any conventions in Kemetic art, including those of the Amarna period which is the time of Nefertiti. So it appears thatit is indeed a fake. It is rather perplexing  and unfortunate that the images that definitively depict Nefertiti are not as widely publicized as the Berlin bust. It is certainly true that the Kemetiu used various visual conventions in their depictions of themselves, but they consistently depicted themselves in the phenotypic range that we see among African people today in the continent and the diaspora. Amarna period art is a prime example. African intellectuals, since the 19th century, have addressed the issue of race, culture and identity of the Kemetiu from and eye testimonies from contemporary peoples, most notably the ancient Greeks. Also we have always brought forth ground breaking analysis, such as Cheikh Anta Diop's cultural analyses and bio-anthropologist Shomarka Keita's work work on African biodiversity. In and out of academic spaces, African people have always pointed out the racist dislocation of Kemet from Africa. This is also seen today in social media by various hashtags and the resulting boycotts of films like  " Gods of Egyp and Exodus  : Gods and Kings " which whitewash Kemet. So, at this point, it seems that this white Nefertiti fiasco is mainstream media trolling African people.

 

       2)  " WILL THE TRUE QUEEN PLEASE STAND UP   " by ASAR IMHOTEP

      On Wednesday February 7, 2018, the popular morning show Today on ABC unveiled a modern reconstruction of Queen Nfr.t-jti (Nefertiti : 18 th Egyptian Dynasty), the mother of Twt-anx-jmn (Tutankhamen). Using a combination of preserved remains, modern technology, and artistic mastery, a team lead by Expedition Unknown's Josh Gates reconstructed the face of this famous Queen and the result are controversial (to say the lead). Instead of something similar to what we see along the Egyptian walls of ancient times, we get a totally different rendition of what the Queen is  " supposed " to look like. While the actual eyewitnesses to Queen Nefertiti's appearance depicted her with very brown skin and prominent African bodily features (e.g full lips), Gates' team instead opted for a slightly tanned white skin-tone with blue eyes for Nefertiti ; a set of phenotypic features commonly associated with Europeans. One wonders why was it even necessary to do a facial reconstruction of Nefertiti if there is an abundance of artifacts depicting the Queen from the time period in which she lived ? When we compare the  " scientific reconstruction " to the extant images of Nefertiti, we do not find a close resemblance at all. Take, for example, the following image. This sandstone slab of Queen Nefertiti (XVIII Dynasty, New kingdom:ca 1352-1348 BC) is currently housed in the Brooklyn Museum (access 78.39). We first notice the strong cheek bones and the prognathism of the jaw. These are evolutionary features typical of Nilotic people in East Africa. Secondly, we notice the brown paint used to depict her skin color. Neither of these features is present in the reconstruction of Gate's team.Lastly, the quality of the hair depicted (believed to be a blue wig) shows a coarseness typical of African people in this region.We are to believe that somehow Europeans from 2018 know more about how Nefertiti looked than the Egyptians who were in her presence when she was living. As if to anticipate this debacle, to ensure that future generations would know that Nefertiti was indeed a  " sista " the Egyptian sculptures left us another clue that undoubtedly ends the argument. 

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08 mai 2018

THE AFRICAN CIVILIZATION OF Kmt UNDER ATTACK BY EUROPEAN SCIENTISTS - BY TRISTAN SAMUELS AND ASAR IMHOTEP - (DISA - USA)

 

 

    1)   " THE WHITE NEFERTITI TROLL "  BY TRISTAN SAMUELS

       The Travel Channel's  ' Expedition Unknown ' program recently showed a facial reconstruction of a Kemetiu (ancient Egyptian) woman,  ' the younger lady ' , whose mummy is thought to be the Kemetiu queen Nefertiti. The reconstruction depicts the woman as if she were European. In response to the reconstruction and the controversy surrounding it, Raymond Johnson, director of the Epigraphic Survey project and Research Associate and Associate Professor at the University of Chicago in the Near Eastern Languages and Civilizations Department, claimed that kemet was mix of African and European peoples. It is rather perplexing that a culture and civilization which emerged in the African continent is still classified as anything-but-African. It seems that it is impossible for the mainstream media and the academy to stop whitewashing Kemet (ancient Egypt). This reconstruction has no phenotypic commonalities with any known depictions of Nefertiti. The famous bust in the Berlin Museum is the closest, but it cannot be taken seriously as a legitimate depiction of Nefertiti. The Berlin bust's contest is ambiguous and, furthermore, it does not match any conventions in Kemetic art, including those of the Armana period which is the time of Nefertiti. So, it appears that it is indeed a fake. It is rather perplexing and unfortunate that the images that definitively depict Nefertiti are not as widely publicized as the Berlin bust.It is certainly true that the Kemetiu used various visual conventions in their depictions of themselves, but they consistently depicted themselves in the phenotypic range that we see among African people today in the continent and the diaspora. Amarna period art is a prime example. African intellectuals, since the 19th century, have addressed the issue of  race, culture, and identity of the Kemetiu from all angles. We have covered the primary sources which includes the visual depictions (of/by the Kemetiu) and eye testimonies from contemporary peoples, most notably the ancient Greeks. Also, we have always brought forth ground breaking analysis, such as Chiekh Anta Diop 's cultural analyses and bio-anthropologist Shomarka Keita's work on African biodiversity. In and out of academic spaces. African people have always pointed out the racist dislocation of Kemet from Africa. This is also seen today in social media by various hashtags and the resulting boycotts of films like " Gods of Egypt and Exodus " : " God and Kings " which whitewash kemet. So, at this point, it seems that this white Nefertiti fiasco is a mainstream media trolling African people.  

 

   2)  " WILL THE TRUE QUEEN PLEASE STAND UP " BY ASAR IMHOTEP 

         On Wednesday February 7, 2018, the popular morning show Today on ABC unveiled a modern reconstruction of Queen Nfr.t-jti (Nefertiti : 18 th Egyptian Dynasty), the mother of Twt-anx-jmn (Tutankhamen). Using a combination of preserved remains, modern technology, and artistic mastery, a team lead by Expedition Unknown 's Josh Gates reconstructed the face of this famous Queen and the result are controversial (to say the least). Instead of something similar to what we see along the Egyptian walls of ancient times, we get a totally different rendition of what the Queen is  ' supposed ' to  look like. While the actual eyewitnesses to Queen Nefertiti's appearance depicted her with very brown skin and prominent African bodily features (e.g. full lips), Gates' team instead opted for a slightly tanned white skin-tone with blue eyes for Nefertiti ; a set of phenotypic features commonly associated with Europeans. One wonders why was depicting the Queen from the time period in which she lived ? When we compare the  ' scientific reconstruction ' to the extant images of Nefertiti, we do not find a close resemblance at all. Take, for example, the following image. This sandstone slab of Queen Nefertiti (XVIII Dynasty, New Kingdom : ca 1352-1348 B.C) is currently housed in the Brooklyn Museum (access 78.39). We first notice the strong cheek bones and prognathism of the jaw. These are evolutionary features typical of Nilotic people in East Africa. Secondly, we notice the brown paint used to depict her skin color. Neither of these features is present in the reconstruction of Gate's team. Lastly, the quality of the hair depicted (believed to be a blue wig) shows a coarseness typical of African people in this region. We are to believe that somehow Europeans from 2018 know more about how Nefertiti looked than the Egyptians who were in her presence when she was living. As if to anticipate this debacle, to ensure that future generations would know that Nefertiti was indeed a  ' sista ', the Egyptian sculptures left us another clue that undoubtedly ends the argument.               

     

    

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16 avril 2018

THE LEGACY OF BARACK OBAMA IN FRONT OF THE BLACK WORLD ( AFRICAN ? AFRICAN-AMERICAN ? DIASPORA ?) YVES KOUNOUGOUS (PHD)

 

 

                                               NATIONAL COUNCIL FOR BLACK STUDIES

                                                      44 TH CONFERENCE

                                                 ATLANTA (GEORGIE) - 14 -18 MARS 2018

 

 

 

  

 

  Last year we were to Houston (Texas), I was walking in town when I saw a monument called : " The water screen " built in 2003 by Michael David where it was written : " AS WE BUILD OUR CITY LET US THINK THAT WE ARE BUILDING FOREVER ".

 In my book  " the political philosophy of W.E. Dubois " I wrote a chapter on Barack Obama where I said it's up the story to judge him, the time has come to do it.

 The presidency of Barack Obama (2008-2016) who won the Nobel Peace Prize at Oslo in 2009 was a sucess story characterized by two powerful images : The first : An almost universal audience, and the second one ; a worldwide popularity  that create a new concept : l'OBAMANIA.

 - But what has he really brought to the black world ? (Diaspora - West indies , Haiti ? Africans-Americans ? Africans ?

 - At the level of the diaspor (West indies, Haiti) relations have proved  to be of three orders :The first level is the symbolism, the election of Barack Obama has raised such enthusiasm in the Caribbean that they are created   " OBAMA CLUB " in Martinique and in Guadeloupe (West french Indies).

  - The second aspect of symbolism is when in 2009 in Antigua and Barbados, a mountain called  " Boggy Peak  " a mountain where fugitive slaves took refuge in 1687 is renowned Mont OBAMA  in tributes to the 44 th President of the United Sates.

 - The third symbolic event is when he travels to Jamaica in 2015 and visits the Bob Marley Museum, reggae museum.

 - The second level is the intentions, the measures to be taken, on the occasion of the trip of Michelle Obama, his alter ego, in 2010 and his own trip in 2015,  that President Obama sends a true declaration of support to the people of Haiti where he promises not to forget, he had a document prepared at the White House : Haiti Earthquake Relief.

 - The third level reflects more specific commitments on security, economic, growth, energy at the meeting, in 2015 with the Leaders of the West Indies Community  (CARICOM) where he proposes an alternative to Venezuelian oil.

 

  The African legacy that Barack Obama leaves. although controversial, although discussed is indisputable, undeniable. In front of an America that considers that Africa where we find so many human tragedies - poverty, conflict, misery, disease - is an dark, mginal continent without vital interest, non-priority that does not require a specific political strategy but attention, a second rate interest. So that the Africa Policy of the United States has always been led by secondary institutional actors, that is why Barack Obama found himself unable to emancipate himself from american Institutions and appeared to be the first black president of Americans and not Africans ; Althought having a leader like him his significant psychological effect on Africa.

 But what about President Obama ? of his vision of the African continent ?  

 In relation to deep Africa and while loving the African people, Barack Obama has doing everything to break stereotypes, prejudices on the Black continent and his desire, his intention to change the perception of Africa has been real. Did not he declare for that   I am working hard to make relations with Africa a new dimension, Africa today is a place of unprecedented prosperity and opportunity where growth, dynamism and food self sufficiency should find their place, the world can not take up  the challenge of climate change, terrorism, or improve the rights of women without having in mind this image, this representation of Africa. 

 During his presidency, Barack Obama visited several African countries ; Le Caire (Egypt) and Accra (Ghana) ; During his first term where confronted with the Political realities of the African continent , he finds as Bechir Ben Yamed, the founder of the French magazine  " Jeune Afrique " ( " Young Africa " ) : " That during the twentieth century the fight for independence and the first republics where founded by a dozen men of international stature considered the fathers of independence, but who are eternally in power and have erected themselves as president for life. Except Leopold Sedar Senghor of Senegal who voluntarly left power after twenty (20)  years , there was Felix Houpouet Boigny from Ivory Coast who, after having given his country a solid economy where white peoples could occupy important positions stayed President until his death without appointing a successor ; which led to a regression economic and two decades of chaotic political ; Sekou Toure of Guinea Conakry , famous for the opposition to the France of General de Gaulle but led his country to ruin due to disastrous economic policy ; Kwame Nkrumah the father of Pan-Africanism who let himself be intoxicated by power ; Habib bourguiba of Tunisia became disabled and who will end up being named President for life ; not forgetting of course Robert Mugabe of Zimbabwe, who despite being named President for life will be dismissed " .

I said that in the face of this reality, Barack OBAMA decided at first to promote democracy and good governance and declared that the future of Africa rest with Africans and that Africa does not need strong men but strong institutions. his desire for democratization on the continent raised criticism :

 first point : the OBAMA Administration failed to manage the crises in SOMALIA, Democratic Republic of Congo, Burundi

second point : The OBAMA Administration has supported countries that disrespect human right : Ethiopia, Guinea Equatorial, Rwanda, Marocco, Ouganda

 but some positive impact are to be emphasized :

 first point : Leaders gave up power at the end of their constitutional mandate : in Ghana on December 2016 where a transition is made between an outgoing President defeated in the election against his opposant NANA AKUFO ADO, the same thing in Nigeria in 2015 when Muhammad Buhari wins against Goodluck Jonathan

 But it is during his second term that he tries to establish relations with two superpowers : Nigeria and South Africa, without reaching a result, both countries being judged not credible, than he travels to Senegal, to Tanzania, to South Africa in 2013 where he visits Robben Island, where Nelson Mandela was jailed for 20 years under apartheid ; The conclusion of all these travel is that he decided for economic diplomacy based on trade and political diplomacy based on stability and security in Africa.

 In terms of economic diplomacy, the trade option, he considers that the United State and Africa have mutual interest, that we must work together as equal partners, that business should be done rather than waiting for humanitarian aid and that youth, businessmen and women must take their destiny to change the future, that's why he traveled to Kenya in 2015 to the " world business summit "

 That is why it has embarked on projects that promote trade, a source of emploment and growth, and economic patnership that counterbalances China's economic expansion on the continent, which is constantly increase :

 there are been

 1) The food africa project aimed at food self-sufficiency

 2) The project  " power africa " little visible for lack of financial support but his vast megaplan which rest on 130 public and private partners aims at the electrification of 60 millions homes and compagnies

 3) The doing Business campaign that gave rise to the Africa/USA Business forum on the sidelines of the United Nation General Assembly in August 2014 in New york, it was to promote US compagnies, American investments on the continent, thas resulted in the etablisment of more than 300 American compagnies in Africa in 8 years and the return visit of nearly 8000 African businessmen in USA invited to fairs and exhibitions by the US government

 4) The Trade Africa Project that completes Bill Clinton's AGOA of the 2000 this free trade agreement in which South Africa was almost excluded aims to facilitate the export of African product to nex markets especially that of the United States.

 5) he has led the young African Leader Initiative (YALI), program that combines seminars in US Universities and networks, and has created three training Center for Businesswomen located in Zambia, Kenya, and Mali.

 - For political diplomacy, the safe option, it focuses on two points

  the first : a general policy speech delivered to the Africa Union in four points

  1) Democracy is in danger because of the leaders who cling to power

  2) The establisment of a new partnership on UN/AU terrorism with ANISOM and AFRICOM

  3) Cancer eradication of corruption

  4) Promotion of women's rights including the fight against outdated traditions such as excision   

 

 

police brutality, education, prison reform in link with mass incarceration, STEM job in link with jobless, earlydeath.

- with some more precise Conference which concerns the period of the Obama's presidency :

 a) in the context of the 23 th Annual International Conference of Diop Institute for Scholarly Advancement (DISA) /  " Barack Obama and the Politics of race : the myth of post-racism in America " by Dr Martell Tersley

 b) in the context of the 24 th Annual International Conference of Diop Institute for Scholarly Advancement (DISA - 2012) /  by Dr Jeris MC Dougal from San Francisco State University

 c) in the context of the 25 th Annual International Conference of Diop Institute for Scholarly advancement (DISA -2013)  " The Obama moment and its legacy " by Dr Walter Greason from Mormouth University

 but what is it really and what is the impression that emerges ?

 - The one who was the Black  " first President " of the USA was he also the President of the Blacks ?

 - Barack Obama who promised change to his constituant  " together we will change this country and we will change the world " has it changed the lives of African americans 

 Firstly, three point have to be emphasize :

 1) The first black US President was elected on the basis of a white electorate, the black vote being acquired

 2) The statistic announce that the white population will not be more majority toward the year 2043

 3) At the time of his inauguration, Barack Obama has a disastrous économic and financial, political and social environment, at the lowest level for the USA

 - At the economic level, a new depression who will be mastered by Barack Obama arrives in the USA in 2008 and the rest of the world. This depression will improve from 2015 with an unemployment rate below 5 % and a positive trade balance of 3%. Globalization, industrialization causes jobs to flee to big cities and then relocate to countries like China.

 - At the social level, Inequalities, racial hatred remain in American society, Obama's second term is set with, against racial tensions (Trayvor Martin, Michael Brown, Charleston shootings or Newton Killings) which opens the discussion on the carrying of arms and despite the decrees to frame the sale of firearms in 2013 and 2015, The arms lobbies (National Rifle Association) and (Gun owners of America -GOA) refuse the text of Senator Joe Manchin in 2013 ; furthermore in December 2010 the law on development, on education of minors is rejected, as well as the reform aimed at regularizing by decree in 2014 five million mostly Hispanic clandestine is a failure following the blockage in the last weeks at the White house in 2016 of these decrees.

 - At the military - political level, despite the normalization of diplomatic relations between the USA and Cuba in 2014, which sees the Obama family going to Cuba in 2016 ; and the historic agreement in 2015 on Civilian Nuclear Power with Iran on one side and the USA, the France, The Great Britain, The Germany, The Russia, The China on other side (nowaday The USA under Trump's presidency has refused this agreement) ; as well as the execution of the leader of 9/11 attack in the United States : Oussama Ben Laden ; The Obama administration fails to close the Guatanamo military detention center, while  the Army is bogged down in Iraq it will leave in 2011 but will remain in Afghanistan and the Arab Spring is exhausting US diplomacy.

 - Barack Obama also had to listen the questions, the expectations of each other :

 a) the discourse of the younger generations who refute the authoritarism of the instiuttional leaders (Jesse Jackson, Al Sharpton), and denounce the hand  for the personal ends of the problems of the community, of the Black questions by certains organisation.

b) moreover, this militant activist youth reveals the conflicts of interest between old and new organizations, some (Black live Matter) denouncing the large public and private subsidies perceived by the others (NAACP)

- Barack Obama must also face general criticism

  1) he is accused of complicity and not enforcing anti trust laws

  2) he is accused of not taking legal action against the bankers responsible for the crisis of the century   

  3) he is accused of not threatening the Universities that keep increasing tuition fee

  - Barack Obama must face the pitfalls of the American political system

  a) a majority of states controlled by Republican elected officials

  b) the almosts permanent obstruction of the Republican elected representatives at the Congress

  c) a supreme court favorable to lobbies

  - Even in his own camp, where it appears that many states and democratic municipalities which hold all the local powers are more like islands of privilege the social progress laboratories

  - Barack Obama must also face personal criticism

  a) lack of fighting spirit, he world be on the left a little less than Bernie Sanders on the American political chessboard

  b) he is too confident in his intelligence and he imagines that it is enough to speak to be listened to

  - Barack Obama faces some intellectuals in his community

  a) Tavis Smiley with his book : in the covenant : ten year later - who consider Obama like a Hallow Prize, he tried to frame his progressive critique of Obama administration in this way : Respect, Protect, Correct and consider than the President Obama was not pressed hard enough to bring about change in his community, Black people have lost ground in every mayor economic category over the last ten year

  b) Frecerick Harris with his book :  " The price of the ticket. Barack Obama and the rise and the decline of Black Politic : The historical significance of Barack Obama 's triumph in the presidential election of 2008 scarcely require comment - yet it contains an irony : he won a victory as an African-american only by denying that should discuss issues that target the concerns of Africa-americans. Conclusion : one step foward two step back

 - But the negative comments have had little impact on Barack Obama because Barack Obama and his wife michelle are much loved and considered in the Black community, those are black cultural icons.

  - we can say without really making a mistake that after recognizing that the change, the big change is always difficult because in the USA everything is decentralized and depends on the states unlike France where President has a real power.

 - Barack Obama first embodied the triumph of civil right that guaranteed blacks in the public sphere, a place equal to whites, while before no prestigious positions were granted to Blacks ; it is important not to underestimate the importance that this has for the descendants of a population that has suffered centuries of slavery and exclusion, Blacks have integrated the public sphere more than in any other country where white are dominant like France or the United Kingdom, there is a political class where Blacks have a real power to the assembly, to the senate. Secondly, he did the maximun for his community, this resulted in symbolic acts 

  1) he invites the  " Nine of little Rock " as guest of honor at his inauguration ceremony of President in 2009

  2) After the death of  Trayvor Martin in 2012, Barack delivers a very moving speech where he says, explains that he could have been be in its place

 3) by taking a firm stance in relation to the race ; To solve race-related problems, you have two solutions : you have to act globally, that is to say we must put a universal policy to solve the problem of poverty in general which will include the problem of poverty among the Blacks, or you target black poverty with the definitive risk of people not investing money because of little concern about black community issues ; Barack Obama 's strategy was not to focus on a specific group but to run programs that even if they benefited everyone targeted the Black community more. This is the case of  " Patient Protection And Affordable Care Act " L'Obamacare, adopted in 2010 health insurance for the poorest that allows them to benefit from social protection because as its entry into force and according to Washington Post, 20 % of Afro-Americans had no health cover, they were only 10% in early 2016, despite the federal reform by many southern republican states, this measure has benefited more Blacks than Hispanics . On the educational field, Barack Obama has tried to resolve the problem of Whites who leave the public school massively to go into the private sector, which results in finding public schools where there are no more White children ; In the face of the  " Police Brutality " , he considers that the racist behavior within the police is a cultural nature related to the phenomenon  of slavery, and being aware of the limits of his function, because as President, he can only punish the police if he transgresses the federal law that deal with racial discrimination, and he can not fire the police chief because it is under the authority of the mayor, Barack Obama proposes a change in the formation of the police. Face with the problems of  " Mass incarceration " that Black are otherthrown in U.S jails, because more arrested, jailed and sentenced to heavier sentences than Whites with the same offenses, Barack Obama directs his ministry of Justice to complete a study on the issue. He thought he could creates a post-racial society based on a united America where the race issue would no longer be central , but he had to fight the White, conservative and racist supremacists ( Tea Party) and deciding the issue of race in his historic speach (2008)  " The Race Speach " in response of the controversy over his relationship with Pastor Jeremiah Wright who was threatening his campaign.

 To end, the condition of the Blacks in USA remains paradoxical, in the public sphere, there has been progress, advances, but at the local level, in the private sphere, the situation has regressed, there was a discrimination at the bottom of the scale. 

 

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