L'année dernière nous étions a Houston (Texas), je me balladais a travers la ville quand j ai découvert un monument qui s appellait  " The water Screen " construit en 2003 par Michael David, ou il était ecrit : Quand vous construisez votre ville Pensez que vous la construisez pour toujours " . Dans mon ouvrage  " La philosophie politique de W.E. Dubois " j' ai consacré un chapitre a Barack Obama en concluant que c'est a l' histoire de le juger, le moment est donc venu de le faire.

 La Présidence de Barack Obama (2008-2016) marqué par l'obtention du Prix Nobel de la Paix a Oslo en 2009 a été un véritable conte de fée qui se caractérise par deux images fortes : La Première, une audience quasi-universelle ; La Seconde, une popularité planétaire qui a fait naitre, apparaitre un nouveau concept : L' OBAMANIA

 Mais qu a t-il réellement apporté, quel héritage, a t-il laissé dans le monde noir ? (aux Africains-Americains ? aux Africains ? A la Diaspora : Antilles, Haiti etc ? ) Quel héritage, quel souvenir a t-il légué a la grande histoire du peuple noir ?

 Au niveau, dans le contexte des Diasporas (Antilles, Haiti etc...) , les relations, les rapports ont été, se sont révélés être de trois ordres :

 - Le premier niveau releve du symbolisme, l ' élection de Barack Obama a soulevé un tel enthousiasme aux Antilles que ce sont crées des  " Club Obama "  en Martinique, en Guadeloupe.

  Le deuxième aspect de ce symbolisme, c'est lorsqu' en 2009 à Antigua et Barbade, une montagne dénommé BOGGY PEAK, un point culminant où se réfugiait en 1687 des esclaves fugitifs est rebadptisée Mont OBAMA en hommage au 44 ième Président des Etats Unis.

  Le troisième évènement qui relève du symbolisme est lorsqu'il voyage en 2015 en Jamaïque et qu'il visite le Musée BOB MARLEY, Musée du reggae.

 - Le second niveau relève des intentions, des mesures à prendre, à l'occasion du voyage de Michelle Obama, son alter ego, en 2010 et de son propre voyage en 2015  le Président Obama adresse une véritable déclaration de soutien au Peuple d'Haiti où il promet de ne pas l'oublier, il fait établir à la Maison Blanche un document intitulé : Haiti Earthquake Relief.

 - Le troisième niveau se révèle à travers des engagements plus précis sur la sécurité, la croissance économique, l'énergie, dans le cadre, lors de sa rencontre en 2015 avec les chefs d'Etat  de la CARICOM (Communauté des Caraïbes) où il propose notamment une alternative au pétrole vénézuélien.   

  L'Héritage africain que laisse Barack Obama, quoique controversé est indéniable. Devant une Amérique qui considère que l'Afrique, où règnent, sévissent, tant de tragédies humaines ( pauvreté, conflits, misère, maladie) est un continent obscur, marginal , dénué d'intérêts vitaux, non prioritaire ne nécessitant pas une stratégie politique spécifique mais une attention, un intérêt de second plan, ce qui fait que la politique africaine des Etats-Unis a toujours été conduite par des acteurs institutionnels secondaires, c'est pourquoi Barack Obama s'est retrouvé dans l'incapacité de s'émanciper des institutions américaines et est apparu comme le Premier président noir des Américains et non des Africains, bien qu'avoir un leader comme lui a eu un effet psychologique sur les africains.

 - Mais qu'en est-il réellement du personnage d'Obama ? de sa vision du continent africain ? 

    En véritable connaisseur de l'Afrique profonde et tout en aimant le peuple africain, Barack Obama s'est attelé, à briser les stéréotypes , les préjugés sur le continent noir, et son intention, son désir de changer la perception de l'Afrique a été réelle, véridique. N'a t-il-pas déclaré pour cela : " je travaille durement pour que les relations avec l'Afrique atteignent une nouvelle dimension, l'Afrique d'aujourd'hui est un lieu de prospérité et d'opportunité sans précédent où la croissance, le dynamisme et l'autosuffisance alimentaire devraient y trouver une place, le monde ne pourra relever le défi du changement climatique, du terrorisme, ou améliorer le droit des femmes sans avoir dans la tête cette représentation de l'Afrique "

   Durant sa présidence, Barack Obama aura visité plusieurs pays africains : Le Caire (Egypte) et Accra (Ghana) ; Pendant son premier mandat, où confronté aux réalités politiques du continent africain et ayant constaté, avec Béchir Ben Yahmed, fondateur du magazine  "Jeune Afrique "   " qu'au cours du XX siècle, le combat pour l'indépendance et les premières républiques ont été fondées par une dizaine d'hommes d'envergure internationale considérés comme les pères de l'indépendance mais qui se sont éternisés au pouvoir et se sont érigés en président  à vie ; A l'exception de Léopold Sédar Senghor du Sénégal qui a volontairement quitté le pouvoir après vingt ans de régne, il y a eu Félix Houphouet Boigny de Côte d ' Ivoire, qui après avoir doté son pays d'une solide économie où des Européens pouvaient occuper des postes importants, est demeuré président jusqu'à sa mort sans désigner de successeur, ce qui a entrainé une régression économique et deux décennies de vie politique chaotique ; Sékou Touré de la Guinée Conakry, célèbre pour son opposition à la FRANCE du Général de Gaulle mais qui a mené son pays à la ruine en raison d'une politique économique désastreuse ; Kwame Nkrumah, le père du Panafricanisme, qui s'est laissé envahir par le gout, l'ivresse du pouvoir ; Habib Bourguiba de la Tunisie devenu sénile et qui finira par se faire nommer président à vie, sans oublier bien sur Robert Mugabe du Zimbabwe, qui tout en s'étant désigné président à vie, sera destitué. " qu'une conclusion amère se dégage de tous ces faits, cette réalité l'amènera à déclarer  " que le futur de l'Afrique incombe aux africains et que l'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts mais d'institutions fortes " et à décider dans un premier temps d'assurer la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance.

 Son envie de démocratisation sur le continent  s'est heurtée à de vives critiques :

  1) premier point : L'administration Obama n'a pas su gerer les crises en Somalie, en République démocratique du Congo, au Burundi.

  2) second point : L'administration Obama a entretenu des liens discutables, a apporté un soutien à des régimes autocratiques, dictatoriaux peu respectueux des droits de l'homme : Ethiopie, Guinée Equatoriale, Rwanda, Maroc, Ouganda.

  Mais certains impacts positifs sont à relever, à souligner :

  1) premier point : Certains chefs d'Etat ont lâché les rênes du pouvoir à la fin de leur mandat constitutionnel, certains pays ont montré l'exemple en matière de bonne gouvernance ; le Ghana où les élections présidentielles de décembre 2016 se sont effectuées sans incident notable et où l'on a vu une transaction s'effectuée entre un président sortant, battu aux élections John Dramani Mahama face à son opposant Nana Akufo Ado ; de même au Nigeria en 2015 lorsque Muhammadu Buhari a battu son prédécesseur  Goodluck Jonathan.

  Mais c'est durant son second mandat, qu' il tente d' abord  a) de se rapprocher, de nouer des relations, avec deux partenaires, alliés puissants en Afrique sub-saharienne, que sont le Nigéria et L'Afrique de Sud, sans y parvenir vraiment, sans parvenir à un résultat, l'un et l'autre pays étant jugé peu crédible et indigne de confiance ; b) et qu'il voyage au Sénégal, en Tanzanie, en Afrique du Sud en 2013 où il ira d'ailleurs visiter Robben Island, lieu où Nelson Mandela vécu enfermé plus de 20 ans sous le régime de l'apartheid ; c) et se décide à opter pour l'application d'une diplomatie économique basée sur le commerce et une diplomatie politique axée sur la stabilité et la sécurité en Afrique.

  En ce qui concerne la diplomatie économique, l'option commerciale, il considére que les Etats Unis d'Amérique et l'Afrique ont des intérêts mutuels, qu'il faut donc travailler ensemble comme des partenaires égaux, qu'il faut plutôt faire des affaires qu'attendre l'aide humanitaire et qu'ils appartenaient aux jeunes, aux entrepreneurs et aux femmes de prendre en main leur destin pour changer l'avenir, d'où son voyage en 2015 au Kenya pour le Sommet Mondial de l'Entreprenariat.

  C'est pour cela qu'il s'est lançé dans des initiatives majeures favorisant le commerce, générateur d'emploi et de croissance,  et le partenariat économique, faisant ainsi contrepoids à la Chine dont l'expansion économique en Afrique ne cesse d'augmenter.

 Il y a eu :

 1) Le projet  " FOOD AFRICA " qui vise à l'autosuffisance alimentaire

 2) Le projet  " POWER AFRICA " bien que peu visible et mis en retrait par manque de soutien financier, ce vaste plan, ce mégaprojet, structuré et qui repose sur 130 partenaires publics et privés, vise à l'électrification de  60 millions de foyers et d'entreprises soit 30000 Mégawatts de capacités électriques en Afrique sub-saharienne

 3) La campagne  " DOING BUSINESS " qui a donné lieu en marge de l'Assemblée Générale des Nations Unies d'Aout 2014 à New York, au Forum des affaires Afrique/USA, il s'agissait de faire la promotion , de mieux soutenir les entreprises américaines, les investissements américains sur le continent, cela s'est traduit par le déploiement de plus de 300 entreprises américaines en Afrique en 8 ans et par la visite en retour de près de 8000 hommes d'affaires africains qui ont assisté à des salons et expositions aux Etats-Unis invités par le gouvernement américains.

4) L'initiative  " TRADE AFRICA " qui vient renforcer L'AGOA de Bill Clinton des années 2000 ; Ce traité de libre échange, où l'Afrique du Sud a frôlé l'exclusion, vise à faciliter, à fluidifier l'exportation des produits africains vers de nouveaux marchés, notamment celui des Etats-Unis.

5) Il a initié le  " YOUNG AFRICAN LEADER INITIATIVE (YALI) " , un programme qui combine des séminaires dans des universités américaines et le réseautage, et il a crée trois centres de formation destinés aux entrepreneuses, implantées en Zambie, au Kénya, et au Mali.

   En ce qui concerne la diplomatie politique, l'option sécuritaire, elle se situe à deux niveaux, se concentre sur deux points :

  le premier : 

  a) Par un discours de politique générale prononçé devant l'Union Africaine en 2015 et qui se résume en quatre pistes :

     1) La démocratie est en danger à cause des dirigeants qui s'accrochent au pouvoir

     2) l'établissement d'un nouveau partenariat, en matière de terrorisme ; ONU/UA avec ANISOM et AFRICOM

     3) l'éradication du cancer de la corruption

    4) La promotion du Droit des femmes et la lutte contre les traditions rétrogrades comme l'excision

   Le second :

   Par une politique de terrain, qui fait suite au chaos occasionné par la chute en Lybie (2011) du leader Mouammar Khaddafi, qui font que les questions sécuritaires (concernant la stabilité et la sécurité en Afrique et qui facilitent l'obtention de crédits lors du vote du budget au Congrès américain) dans les rapports entre les Etats-Unis et l'Afrique deviennent prioritaires, c'est pourquoi l'administration Obama va se concentrer sur le terrorisme et le contre terrorisme  avec le  " SECURITY GOVERNANCE INITIATIVE FOR AFRICA  " en 2014 pour faire face aux organisations terroristes (Al quaida au Mahgreb islamique - AQMI au Mali, Boko Haram au Nigeria, Shebab en Somalie) , en dépit des nombreuses critiques que cela a soulevé, à savoir :

 1) Hausse des opérations militaires sur le continent africain (Mali, Nigeria, Somalie) au nom de l'interminable guerre contre le terrorisme

 2) Expansions militaires (installations de petites bases, de drones : Niger) et déploiement croissant de forces spéciales.

 

   En ce qui concerne les Afro-américains, je tiens à préciser avant tout que je ne veux en rien me substituer à un citoyen afro-américain, plus à même je pense de comprendre les tenants et les aboutissants, les enjeux d'une présidence noire, celle de Barack Obama, mais je souhaite plutôt être pris, considéré, comme un citoyen du monde qui analyse l'oeuvre, la postérité d'un homme : fût-il président ! 

  La société américaine, véritable brassage de population, ne peut se comprendre sans se référer, sans inclure la  " color line  " qui régit les rapports sociaux et raciaux.

Au sein de l'Amérique noire, beaucoup de travaux de recherche d'ordre général ont été réalisés

a) Democracy in Black (how race still enslaves the American Soul by Eddie claude Jr)

b) How capitalism underdevelopped Black America (Problem in Race, Economy, and Society) by Professor Manning Marable

Beaucoup d'engagements, de positionnements ont été effectués : Angela Davies, Toni Morisson, Martin Luther King, Malcolm X, W.E. Dubois, Thomas Sowell, Orlando Patterson, Cornell West, le philosophe pragmatique et prophétique, qui dans son ouvrage  " The FUTURE OF THE RACE "  tente de relire l'histoire nationale des Etats-Unis à partir de l'expérience particulière des Noirs, en reliant, en équilibrant exigence démocratique et exigence communautaire, Louis Farakhan qui lie l'intégration politique des Noirs aux USA avec leur auto-détermination à ne pas compter sur l'aide extérieure, Henri Louis Gates Jr qui dans son ouvrage  " In Search of our roots : how 19 extraordinary African-American reclaimed their past  " prône, préconise un équilibre entre origine communautaire et souci d'intégration ; Sans oublier les leaders d'un courant de pensée identitaire qui privilégie le paradigme de l'Afrocentricité :  " NO SOLUTION WITHOUT AFRICA " - Leonard Jeffries, Malauna Karunga, Molefi Kete Asante.

 Beaucoup de Colloques, de réunions se sont tenues :

 a) Par les hommes politiques noirs du Congrès sur des thémes touchant la communauté noire : Brutalités policiéres, Réforme des prisons en rapport avec les incarcérations massives, Education, Mortalité précoce, Travailleurs pauvres ; Dont certaines conférences plus précises, qui concerne la période de la présidence Obama :

 a) dans le cadre de la 23 th Conférence Internationale annuelle de l'Institut Diop (DISA)

   " Barack Obama and the Politics of race : The myth of Post-racism in America  " by Dr Martell Teley

 b) dans le cadre de la 24 th Conférence Internationale annuelle de l'Institut Diop (DISA)

  " How President Obama frames social Problems and their solutions " by Dr Jeris Mc Dougal

 c) dans le cadre de la 25 th Conférence Internationale annuelle de l'Institut Diop (DISA)

  " The Obama moment and its legacy " by Dr Walter Greason

  Mais qu'en est-il vraiment et quelle est l'impression générale qui se dégage ?

 - Celui qui fut le  " Premier président noir " des Etats-Unis a t-il été aussi le Président des Noirs ?

 - Barack Obama qui promettait le changement à ses électeurs  : " Ensemble nous changerons ce pays et nous changerons le monde  " a t-il changé la vie des Afro-Américains ?

 Au préalable, trois points méritent d'être soulignés, trois remarques préliminaires méritent d'être relevées :

 a) Le Premier président noir des Etats-Unis a été élu sur la base, grâce à un électorat blanc, le vote noir lui, étant considéré acquis.

 b) Les statistiques prédisent, annonçent que les blancs ne formeront plus la majorité de la population à compter de l'année 2043

 c) Barack Obama hérite, au moment de son investiture d'un environnement économique, financier, politique et social désastreux, au plus bas niveau pour les Etats-Unis ; Au niveau économique, une nouvelle dépression qui sera maitrisée par Barack Obama touche dès 2008 les Etats-Unis et le reste du monde ; La Mondialisation, l'Industrialisation provoque la fuite des emplois vers les grandes villes (exode rural) puis leur délocalisation vers la Chine, cette nouvelle dépression s'atténuera à partir de 2015 avec un taux de chomage sous la barre des 5 % et une balance commerciale positive de 2,4 % - Au niveau social, les inégalités demeurent dans la société américaine, les haines raciales persistent, le second mandat d'Obama se déroule sur fond de tensions raciales (Trayvor Martin, Michael Brown, Fusillade de Charleston, Tuerie de Newton) qui ouvre le débat ultrasensible sur le port d'arme et malgré les décrets pour encadrer la vente d'armes à feu signés en 2013 et 2016, les puissants groupes de pression, lobbies des armes (National Rifle Association) et Gun Owners of America (GOA) rejettent le texte de loi du Sénateur Joe Manchin en 2013 ; De plus en décembre 2010 le projet de loi  " Dream Act  " sur le développement, le secours et l'éducation des mineurs est rejeté ; De même la réforme de l'immigration qui visait à régulariser par décret en 2014 cinq millions  de clandestins majoritairement hispaniques subit un échec suite au blocage dans les dernières semaines à la Maison Blanche (en 2016) de ces décrets. - Au niveau militaro-politique, en dépit de la normalisation des rapports diplomatiques entre les Etats-Unis et Cuba (2014) qui voit la famille Obama se rendre à Cuba (2016) , et l'accord historique de 2015 sur le nucléaire civil avec l'Iran, d'une part et les USA, la France, le Royaume Uni, l'Allemagne, la Russie, la Chine, de l'autre, auxquel vient s'ajouter l'exécution d'Oussama Ben Laden, instigateur des attentats du 11/09 sur le sol américain, l'Administration Obama ne parvient pas à fermer le centre de détention militaire de Guantanamo tandis que l'armée s'enlise en Irak, qu'elle quittera en 2011 tout en demeurant en Afganistan, les  " Printemps Arabes " (2011) eux, mettent au premier rang la Syrie de Bachar El Assad qui ne veut pas quitter le pouvoir et épuisent la diplomatie américaine.   

 - Tout en se tenant à l'écoute des inquiétudes, des interrogations, des attentes des uns et des autres

   a) à savoir, le discours des jeunes générations qui réfutent l'autoritarisme des Leaders institutionnels (Jesse Jackson, Al Sherpton)  et dénonçent la main mise à des fins personnelles des problèmes de la communauté, des questions noires par certaines organisations de terrain

  b) En plus cette jeunesse militante, activiste révèle les conflits d'intérêts entre anciennes et nouvelles organisations, les unes (Black Lives Matters) dénonçant les grosses subventions publiques et privées que perçoivent les autres (NAACP) 

  lL doit aussi faire face à des critiques d'ordre strictement personnel :

  - Il manque à Barack Obama la volonté de combattre et il se situerait à gauche, un peu moins que Bernie Sanders sur l'échiquier de la politique américaine.

  - Barack Obama est trop confiant dans les vertus de son intelligence et il imagine qu'il suffit de parler pour convaincre et d'avoir raison pour vaincre.

  De la part aussi d'intellectuels de sa communauté :

  Tavis Smiley, Frederick Harris, mais ces commentaires négatifs et minoritaires ont eu peu d'impact sur le personnage tant il est vrai que Barack Obama et son épouse Michelle sont largement aimé et considéré dans la communauté noire, ce sont des îcones culturelles noires.

  L'on peut affirmer sans réellement trop se tromper qu'après avoir reconnu que  " le vrai changement, le grand changement c'est toujours difficile " car aux Etats-Unis tout est décentralisé et dépend des Etats, contrairement à la France où le président a un vrai pouvoir ; Barack Obama a incarné Premièrement : le triomphe des droits civiques qui garantit aux Noirs dans la sphère publique une place égale aux Blancs alors qu'avant, aucun poste prestigieux n'étaient accordés aux Noirs, il ne faut pas sous estimer l'importance que cela a pour les descendants d'une population ayant subi des siècles d'esclavage et d'exclusion ; Les Noirs ont intégré la sphère publique plus que dans n'importe quelle autre société à dominante blanche comme la France ou le Royaume Uni, il y a une classe politique où les Noirs ont un réel pouvoir à l'Assemblée, au Sénat. Deuxièmement : il a fait le maximun pour sa communauté, cela s'est traduit :

  - Par des actes symboliques :

    1) IL invite les Neufs de Little Rock comme invité d'honneur à sa cérémonie d'investiture de Président en 2009.

    2) Après la mort de Trayvon Martin en 2012, Barack prononce un discours fort et émouvant où il dit, explique qu'il auraît pu être à sa place.

    3) Par une prise de position ferme par rapport à la race   

     Pour résoudre les problèmes liés à la race, deux solutions se présentent, soit  vous agissez globalement c'est -à-dire il faut mettre une politique universelle pour résoudre le problème de la pauvreté en général qui englobera le problème de la pauvreté chez les Noirs, soit vous ciblez la pauvreté chez les Noirs avec le risque certain de voir des personnes ne pas investir d'argent car peu préoccupés par les questions de la communauté noire ; La stratégie de Barack Obama a été de ne pas s'intéresser à un groupe précis mais de faire passer des programmes qui même s'ils bénéficiaient à tout le monde visait davantage la communauté noire. il en est ainsi du  " Patient Protection And Affordable Care Act  " l'Obamacare, adoptée en 2010, l'assurance maladie pour les plus pauvres qui leur permet de bénéficier d'une protection sociale car lors de son entrée en vigueur et selon le Washington Post, près de 20% des Afro-Américains n'avaient aucune couverture maladie, ils n'étaient plus que 10 % début 2016, malgré cette réforme fédérale rejetée par beaucoup d'Etats républicains du Sud, cette mesure a beaucoup plus bénéficié aux Noirs qu'aux Hispaniques. De même dans le domaine éducatif, Barack Obama a tenté de résoudre  le problème des Blancs qui quittent massivement  l'école publique pour aller dans le privé, ce qui aboutit à trouver des écoles publiques où il n'y a plus aucun enfant blanc ; ou encore face à la  " Police Brutality " , il considère que les comportements racistes au sein de la police sont d'ordre culturel liés au phénomène de l'esclavage, et tout en étant conscient des limites de sa fonction, car en tant que Président il ne peut sanctionner la police que si elle transgresse les lois fédérales qui portent sur les discriminations raciales, et il ne peut licencier le Chef de la police car cela relève de l'autorité du Maire, Barack Obama propose donc un changement dans la formation au sein de la police. Face au problème de  " Mass incarceration " qui fait que les Noirs sont sureprésentés dans les prisons américaines, car davantage arrêtés, emprisonnés et condamnés à des peines plus lourdes que les Blancs ayant commis les mêmes infractions , Barack Obama, ordonne vers la fin de son mandat, au Ministère de la Justice, de diligenter une étude sur la question.

 Il croyait fonder une société post-raciale basée sur une Amérique unie, où la question de la race ne serait plus centrale, mais il a dû combattre les suprémacistes blancs, conservateurs et racistes (Tea Party) et trancher la question de la race dans son discours historique de 2008 : " The race speach - Barack Obama parle sur la race  " en réponse à la polémique sur ses liens avec le Pasteur Jeremiah Wright qui menaçait de nuire à sa campagne.

 Pour terminer, la condition des Noirs aux Etats-Unis reste paradoxale, dans la sphére publique, il y a eu du progrès, des avançées, mais à l'échelon local, dans la sphére privée, la situation a régréssée, il y a eu une discrimination en bas de l' échelle