- L'essentiel du contenu de l'enseignement du BOUDDHA est contenu dans les quatre nobles vérités :

    dukkha ; samudaya ; nirodha ; magga.

      - dukkha : la signification de cette notion est que la Vie n'est que souffrance et douleur, mais cela ne signifie pas que le Bouddhisme soit une philosophie optimiste ou pessimiste ; dukkha peut être entendu en trois sens : 1) dukkha en tant que souffrance ordinaire 2) dukkha en tant que souffrance provoquée par le changement 3) dukkha en tant que production conditionnée. Les deux premiers sens sont facilement perceptibles car ils font partie de la vie quotidienne, le dernier sens est celui philosophique par excellence et qui fait intervenir les cinq agrégats (Matière, Sensation, Perception, Formation mentale, Conscience) qui sont dukkha eux-même. Par dukkha il faut aussi comprendre qu'il n'y a pas de pensée sans penseur et que le  " je pense donc je suis " n'a pas sa raison d'être. Par dukkha, il faut considérer que la joie est facteur d'éveil, joie qui permet de s'élever vers la vérité absolue en dissipant le doute et les vues erronnées.

     - samudaya : la signification de cette notion est que la vie illustre la métaphore de la production    conditionnée, à savoir l'origine de dukkha : le cercle interminable du désir, d'une soif d'existence, d'une soif de devenir, d'une soif de non-existence, d'une soif d'existence, d'une soif de devenir..........Cette origine de dukkha faisant apparaitre les thèmes de l'apparition et de la cessation (doctrine du karma entendu comme Action/Réaction) et la problématique de savoir ce qu'est la renaissance, il s'agit de se demander si la mort physique, qui n'est que la constatation de la disparition biologique, entraîne tout avec elle ; pour le Bouddha : NON, si l'aspect physique disparaît, le désir, la soif d'existence, les idées, les opinions continuent à se manifester sous une autre forme d'où ce thème de la re-existence, de la renaissance.

   - nirodha : la signification de cette notion est qu'avec le nirodha intervient la cessation de dukkha dont l'accomplissement total réside dans le nirvana, mais qu'est donc alors ce nirvana : le nirvana est l'extinction du désir, de la soif ( " nirvana négatif " ) , la liberté ( " nirvana non négatif " ) mais dont la signification réelle est l'atteinte, l'approche de la vérité absolue, ultime - Mais qu'est alors la vérité absolue ? ultime ? le Bouddha dit que la vérité absolue est qu'il n'y a rien d'absolue, que tout est impermanent et conditionné. nirodha introduit la problématique de ce qui advient  après la mort (parinirvana) . Le Bouddha a malheureusement plaçé cette question dans la catégorie de celles auxquelles on ne peut répondre. Toutefois, l'essentiel pour celui qui atteind le nirvana, chose possible tant vivant que mort, est que ce dernier est libéré de toute  " illusion de soi " , de tous problèmes mentaux, de l'égoisme, de la jalousie, du désir de posséder, que cet individu vit dans le présent en essayant de réaliser son émancipation afin de parvenir à la vérité absolue, voila ce qu'est le nirvana dans la vie.

 

    - magga : le magga est le sentier qui mène à la cessation de dukkha, le Bouddha ayant expérimenté les deux extrêmes permettant de réaliser le bonheur, à savoir l'un la réalisation du bonheur par la satisfaction totale des plaisirs du sens, l'autre par la réalisation du bonheur par le repli dans une forme d'ascétisme, décida que la voie à suivre était celle du  " Sentier du milieu " , le noble sentier octuple (concentration juste, compréhension juste, action juste ...) permettant à tout un chacun, qui s'astreint à une certaine discipline mentale à se réaliser pleinement par la conjugaison, la réunion de deux qualités essentielles pour le bouddha : la compassion et la sagesse. Ce chemin étant rendu possible par la voie de la méditation non pas entendue comme  " vision " , culture mentale ( " bhovana " ) cela par l'intermédiaire de la méditation : établissement de l'attention, méditation des sujets spirituels, des activités, méditation des sensations... 

 

       Commentaire : Si l'enseignement et la conformité aux quatre noble vérités à l'avantage de faire aboutir à une attitude mentale spécifique, à savoir : Pas de foi aveugle ; Pas d'attachement à la vérité, la prise en considération que la vérité n'a pas d'étiquette, l'absence de spéculations métaphysiques qui sont inutiles ; De faire  " soi "  les quatre points de la morale : Ne pas tuer, Ne pas commettre d'adultère, Ne pas mentir, Ne pas voler ; De comprendre que l'origine de dukkha est aussi sa perception, sa cessation, et le sentier qui mène à la cessation de dukkha ; de percevoir que ces nobles vérités permettent à l'homme de connaitre la paix, la tranquillité - la tendance naturelle de l'homme, dans le cadre de ces sociétés contemporaines, métaphore de la société de consommation, peut-elle lui permettre de véritablement s'élever vers la   " vérité ultime " ? (chose plus grave d'ailleurs si on considère l'individu comme  " conditionné " à priori ). Le second point est celui concernant les modes de réponse aux questions, du bouddha, qui sont : Répondre de manière rapide et directe, Répondre après analyse et réflexion, Répondre par une contre question, Ne pas répondre du tout - ainsi le problème de ce qu'il advient  " après la mort " fait partie de la catégorie de questions à l'endroit desquelles il ne faut pas répondre du tout : Que faut-il alors penser de ce silence du Bouddha ?